"Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde" Gandhi

mardi, avril 14 2009

Etre ne quelque part c’est partir quand on veut revenir quand on part

….La page est tournee.  

Comment vous parlez de cette Inde sans tomber dans le panneau de l’experinece culturelle qui transforme, metamorphose, libere ? Comment retranscrire neuf mois de vie ici sans coller au classique du « c’est impossible!». Pourtant les mots manquent, leur paleur est accablante et ma voix demeure muette. L’indicible des sensations, des sentiments qui se logent au fond de moi, creusent des sillons et laissent des traces indelebiles. Et oui, cher auditoire attentif, vous qui m’avez fidelement suivi sur cette route, je ne peux m’extirper de ce flot de banalites : L’Inde transcende.  

Je croyais sauver les souvenirs en les incrustant sur le papier et, comble d’y croire, j’ai perdu mon carnet de route. Alors plus que jamais je sais qu’il est vain de vouloir graver les souvenirs autre part qu’ au plus profond de soi. Je crois que s’il fallait resumer en un mot mon experience indienne je devrais choisir «HUMAINE » car l’inde a ete pour le pire comme le meilleur un parfait laboratoire a ciel ouvert des relations entre nous autres les etres humains.  

Je m’etais convaincue que le plus difficile serait de rentrer, je crois ne pas m’etre trompee. Parce que les jours du calendrier se sont consumes, je dois ecrire le point final. Quand a tourne la page…  

Je vais quitter le campus de Mohuda , la campagne orissane,  

Il n’y aura plus cette eau qui n’est pas potable Il n’y aura plus ce charabia d’oriya que je ne comprends toujours pas Il n’y aura plus les pauses clopes avec Anna Il n’y aura plus mon petit chauffeur Shankar Il n’ y aura plus le sourire de Kumari Il n’y aura plus mes voisines les vaches Il n’y aura plus ces couchers de soleil Il n’y aura plus chaque soir ce ciel etoile Il n’y aura plus les cocotiers Il n’y aura plus le trajet du bus quotidien jusqua Berhampur Il n’y aura plus les petits plats de Nana Il n’y aura plus les fou-rires avec Lena Il n’y aura plus les debats politiques avec Agathe Il n’y aura plus de Bindi entre mes deux yeux. Il n’y aura plus les regards qu’ils veulent tout dire de Matt Il n’y aura plus d’accroc sur mon nom Il n’y aura plus de pastèque a 0,30 cts d’euro le kilo Il n’y aura plus le ronronnement des ventilateurs Il n’y aura plus la folie de Gobardan Il n’y aura plus leurs sempiternels gourous Il n’y aura plus les délicieux Puri et Jelapi Il n’y aura plus la morosité de la salle informatique Il n’y aura plus le sourire de la comptable et mes factures de téléphones salées Il n’y a aura plus ces valises que l’on fait et l’on défait Il n’y aura plus GV écrit sur tout le mobilier Il n’y aura plus au loin les collines Il n’y aura plus le chant des fontaines a eau Il n’y aura plus le fermier muet Il n’y aura plus le tike tike Il n’y aura plus la trace de mes pieds nus sur le sol Il n’y aura plus la chambre numero 8 Il n’y aura plus les bieres de 75 ml Il n’y aura plus les « how was your day ? » Il n’y aura plus le balcon de Gloria Il n’y aura plus la horde de chiens sauvages Il n’y aura plus les lassis Du « Sahu drink center » Il n’y aura plus la rue des saris Il n’y aura plus les pauses tchai de 10h30 et 15h30 Il n’y aura plus Joyo mon prefere Il n’y aura plus cette organisation dejantee Il n’y aura plus ces dimanches matin « lessive » Il n’y aura plus mes collocs les araignees Il n’y aura plus les tours de moto avec Arun Il n’y aura plus les blagues de Jacob Il n’y aura plus les sentiers ombrages par les immenses manguiers  

Je quitte l’immense maison et la grande famille… …je laisse un bout de moi quelque part …je laisse un bout de vie ici  

Merci Gram Vikas  

…je rentre

150 femmes, 150 visages, 150 histoires… MERCI

Encore une fois l'inde m'aura offert le pire comme le meilleur! L’Inde des extremes qui fait passer du rire aux larmes ! La patience a ete le maitre mot de ce periple! Ils m'ont mis les nerfs en vrac ces enfoires! Bien sur, je savais qu’a Gram Vikas il n’y aurait pas que des personnes magnanimes ou misanthropes mais ... tout de meme...Une sacree bande de faineants qu'il faut sans cesse rappeler a l'ordre comme des enfants! Je pense qu'ils sont desormais soulages, la demone est enfin partie! Je ne veux pas diaboliser l'affaire mais ecouter un peu la suite. Le debut s'annoncait tres prometteur, tout le monde s'engageait a me supporter coute que coute pour mener mes activites  ...yes no probleeeeeeeeeeeem... Desormais connaisseuse des ressorts indiens je me mefie, demeure sceptique et reste sur mes gardes... ne jamais en attendre trop sinon on risque d'etre decue! Quelle perspicacite et clairvoyance Clementine! Les choses se sont petit a petit gatees jusqu'au petage de plomb...bon maintennat les gars on arrete les conneries!  

Lundi devait debuter mes trainings pour les Self-help groups, je devais donc me rendre a Chudrangpur a 10h... finalement depart 11h30 apres que tout le monde est pris son petit dej tranquillement, courru ici et la pour regler des broutilles, et regler a la derniere minute les questions de logistique! Sasmita ma traductrice et ma partenaire de travail pour ces trainings a rate son bus (ou plutot feint le rater!). Il faut donc attendre le prochain bus qui est seulement a 15h. Je vois mes chances de commencer la session de trainings aujourd'hui s'amenuiser peu a peu...je peste RRRAAA... alors j'entame ma petite lecon de morale : C'est pas serieux, les femmes sont en train de nous attendre depuis 10h, vous connaissez le mot RESPECT?? Mais je peux lire dans leurs pensees :  c’est pas bien grave, ‘peuvent bien nous attendre ! deja on travaille pour Gran Vikas c’est pas mal!... je deviens folle de rage...endosse mon sac a dos et leur jette : « bon vous faites ce que vous voulez les gars mais moi j'y vais! » Noooo stop it ok ok ok… mon air menacant a porter ces fruits nous voici ENFIN en route.

Aller aller, ne pensez pas que je suis une impermeable aux differences culturelles et que je ne joue pas le jeu de l’adaptation et du relativisme culturel! Je vous jure j’ai pris sur moi autant que je pouvais, ils m’ont suce la patience jusqu’a l’os… Nous arrivons a Hirkrima, halte non prevue au programme… en fin presque! Figurez vous qu’on m’a fait un pti dans le dos! Oui…un meeting vraisemblablement “imprevu” et “inopportun” avec les pontifes du gouverenment etait prevu en ce lundi a Hirkrima et mon equipe de loustics preferent glander toute la journee en ecoutant ces officiels nous bassiner avec leur serenade plutot que d’aller a Chudrangpur travailler! Je reste polie… et essaie de positiver. Ce meeting est egalemnet dediee aux SHG, après tout ce n’est peut etre pas si inutile. Mon avis aura bien sur tres vite change : de la foutaizzzzze! Nous avons ete le cul poser sur nos chaises en plastique blanches pendant des heures, nous avons manger autant que ce que notre estomac est susceptible de pouvoir absorber et nous avons ete l’objet d’un culte meprisable, beurrrk. Avoir une blanche a leur cote! Ils se sentent plus pisser! Tout va pour le mieux bien sur!    

    Tiraillee de toutes parts par ces forces centrifuges, Mesdames et Messieurs, on garde le sourire et on serre les dents. Il a fallu que je jongle entre la negligence et du staff de Gram Vikas, le messianisme tapageur des pasteurs, l’oppression de la structure hierachique des communautes villageoises et le timimg indien, ahhh la temporalite indienne !!! Un vrai combat de coq ! Ne voulant etre le petit pousin noir du poulallier, j’ai donc fait entendre ma petite voix. Pour sure j’aurai pu crier encore plus fort mais je doute que le fracas de mes aliterations n’atteignent leurs oreilles pour autant. Alors pour exutoire je …respiiiiiiire. A defaut d’exploser je prends un ton ironique qui les agace profondement et je brandit la menace «  Chitra », manager number 2 de Gram Vikas et responsable de ce projet ! Comme les superieurs hierachiques sont veneres et craints comme les dieux hindous, ca marche du tonnerre ! Bref ! me voila roder ! Brave gens, je le clame haut et fort je suis desormais adaptable a toutes les situations possibles inimaginables. En deux semaines j’ai eu la possibilite de tester mille et une fois mon caractere et mes nerfs ! Je peux vous l’affirmer ils sont solides, du roc ! Parce que dans ce monde qui tourne carre il vaut mieux s’armer d’un bouclier solide. Tel le chevalier vaillant, la derniere epopee de Clem dans les villages s’acheve ici. Et pourtant j’aimerai tellement que ce conte de fee ne se soit jamais termine…    

Bien sur j’ai survecu et je garde un merveilluex souvenir de ces 15 jours mais un gout amer me reste au fond de la gorge ! Mais qu’importe la sauce etait sucree, tres sucree… sucree parce que les femmes sont joie, amour et espoir, sucree parce que j’ai depose ma goutte d’eau dans l’ocean et parce que les milles et unes decouvertes que m’offre chaque sejour dans les villages est inestimable. Chudangpur, Sialelati, Gilakota, Juba et Dundrum, six villages, six histoires. Six microcosmes, six terres de vie. 150 femmes , 150 visages, 150 recits  

Il est 6h00. Le quincaillement des gamelles et le crissement de la cendre sur l’etain me reveillent doucement. Une dizaine de femmes sont reunies pres du puit en contrebas du village et lavent leurs ustensils de cuisine tandis que les ptits culs nus s’ebatent sous le jet d’eau en arrosant leurs meres qui pestent et les chasses d’un coup de spatule!  La brume epaisse couvre d’un epais tapis blanc le toit en chaume des maisons. Le soleil encore cache derriere les collines fait scintiller leurs cretes et ambre le ciel deja d’un bleu eclatant. Les hommes, une couverture sur les epaules, sont assis sur le pas de leur porte et machouille un petit bout de bois dont la seve est appreciee pour ses proprietes curatives et sanitaire. Les fleurs de mahula sont etendues par nappes sur le sol et forment un patchwork colore entre les maisons. Une grand mere collecte les fleurs les plus seches et les entassent delicatement dans sn panier en bamboo. Demain, vendredi, son fils parcourera 8 kms a pied pour aller les vendre au marche local.  Juba est un village tribal niche au creux des ghats septentrionnaux de l’orissa. Ces habitants vivent essentiellement de la culture de bogoda, champs situes sur les versants des collines ou les fermiers utilisent la technique “slash and burn” (litterallement couper et bruler) pour investir les terres et les rendre fertiles. De ce fait, En ce moment les debris et restes de la recolte precedente sont coupes et des feux geants sont organises tous les soirs pour eclaircir les terres. Dans ces champs sont cultives principalement des graines telles que Mandia, Kosala, Kandul qui constituent le regime alimentaire de base des populatiosn tribales. Si cette methode tarditionnelle s’adapte parfaitement aux conditions geographiques et physionomiques de la region elle menace toutefois ces localites par la deforestation qu’elle provoque et l’erosion des terres qui en decoule. Des mesures doivent donc etre prises pour render soutenable cette technique traditionnelle. Gram Vikas travaille avec ces populations sur un prjet de “social forestry” et de terassement des terres qui permettront une reforestation et une fortification des terres de facon a lutter contre ces problemes. Le rideau de fer de la petite boutiaue du village est ouvert dans un grincement stridant, une queue se forme derriere le comptoir, chacun son sac a provision a la main. Riz, epices, sel , huile sonty distribues dans le cadre du programme PDS (Programme gouvernemental d’aide alimentaire).    

Sasmita, ma coequipiere de travail, se reveille a son tour. Les bras ballants, les cheveux ebouriffes, nous prenons notre seau et notre savon puis nous nous enfoncons dans les bosquets pour notre toilette matinale. Quelques femmes et leurs enfants nous rejoignent.  J’aime particulierement ce moment parce qu’il me permet de percer les mysteres de la vie feminine. La toilette est un art, que dis-je un savoir faire, comment se laver sans montrer le moindre bout de peau? A l’ombre des bananiers entre deux rochers imposants nous profitons d’une sorte de marre pour puiser de l’eau. A voir la couleur de l’eau je me demande alors si je vais reellement etre plus propre après mon bain! Drappees de leur large robe de chambre les femmes entament une toilette methodique tout en faisant attention a ne pas se laisser avoir par les regards inquisiteurs. Je m’essaie a la technique du “tu te laves tout habille”… apparemment j’ai encore pas mal de progres a faire en temoigne le petit rire narquois qui me dit “Et oui ma Belle c’est pas la tasse de the mais faut faire avec”. A la fin de leur toilette, les femmes ecrasent du gingembre entre leur mains et se couvrent le corps de cette mixture qui est tres efficace contre les infections de la peau. Elles ressembent alors a de fraiches carottes, le gingembre tout jeunement cueilli libere une seve qui rend la peau orangee.   

 Quand nous revenons au village, une femme nous invite chez elle et nous offre du tchai brulant ainsi que des galettes de kangula dont le gout s’apparente quelque peu a nos galettes de sarazin. Le maitre d’ecole en conge perpetuel ou plutot en repos compense annuel a enfin decider de tenir classe aujourd’hui (sans doute sous la pression de l’oeil srutateur de la visiteuse blanche!). Ayant subsituer son costume gris a son lunghi (tissu traditionnel que les hommes porte comme une couche), le maitre d’ecole fait alors sonner la cloche pour sommer les bambins de se render immediatement en classe. Les petits gosses arrivent au compte goute, uniforme debraille, serre-tetes assorti a la tenue, cheveux mal peignes et ardoise sous le bras. Une demie –heure plus tard seulement dans un tohubohu juvenile, Mr Sampati tentera tenir en haleine ces 46 marmots de 6 a 11 ans !  

Pendant deux jours nous avons organises avec les femmes de Juba un training destine a consolider les Self-Help Group tout nouvellement crees. La session etant achevee, nous entamons une dernier discussion avec les habitants avant de prendre nos sacs a dos pour entamer les trois quert d’heure de marche qui nous meneront jusqu'à Dundrum, prochain village fxe a notre planning. En chemin, nous nous arretons un instant pour assister a une demonstration de la methode SRI (System of Rice Intensification) experimentee par un des paysans de Juba. Cette methode est une revolution des techniques de culture rizicole en provenance de Magadascar destinee a intensifier les rendement de riz tout en preservant l’environnement. Finis les engrais et pesticides ! seulement une association de plantes qui permettent la fixation du nitrogene et qui agissent comme engrais naturel. Puis une disposition des plants de riz suffisemment espaces et une labour reguliere entre les plants pour revitaliser regulierement le sol. Au final, 3 fois plus de rendement, 2 fois moins de temps et plus besoin de poduits chimiques ! Un peu plus loin, nous aidons une femme a hisser sur sa tete un ballot de paille geant qu’elle doit ramener au village pour nourrir le betail. Quelques minutes plus tard, nous entendons le « aick aick » du  « community herder », berger du village qui helle les chevres et les emmene paitre dans les patures voisines. Avant d’atteindre Dundrum nous nous rafraichissons en plongeant nos ptits pieds dans un filet d’eau, reste d’un riviere qui n’est pas encore tout a fait assechee mais qui dans quelques mois se sera evaporee pour laisser son lit vide et vaseux. Quelques femmes battent le linge et font bouillir des longes. Elles etendent ensuite leurs saris sur les buissons et branchages bordant la riviere. Enfin, nous atteignons Dundrum ou les habitants nous acceuillent chaleureusement : Namaskar, Namaskar, Namaskar !  

Le debut du training est prevu a 10h00 mais comme tout timing indien qui se respecte il nous faudra attendre 12h30 avant de reunir toutes les femmes dans l’eglise et debuter le programme. Parce oui, dans le district de Gajapati, les populations tribales sont chretiennes (chercher l’erreur ?!!!). Il y a quarante ans ces popultaions se sont converties au protestantisme sous l’aile protectrice des Peres Blancs, prechant leur bonne foi et promettant des jours heureux. Voila donc nos aborigenes de l’orissa portant la croix de Jesus autour du cou ! Beau tableau de synchretisme ou pathetisme de evangelisme forcene ? 12H30 disais-je nous voila reunies. Une quarantaine de femmes, une quarantaines de saris colores, et presques autant de bambins ! Un coup de balai rapide, puis les nattes en bambou sont disposees au sol, tout le monde s’assoie en cercle…La seance s’ouvre par un petit rituel symbolique, des encens sont allumes et tout le monde entonne un chant. Les voix resonnent dans les parois de l’eglise, une atmosphere feerique est en train de naitre…Puis je me presente et explique la raison de ma presence en baragouinant quelques phrases en Oriya : «  Moro namo Clementine, Mu France rou assouchi, Moro boyoso equiz bolso, Mu Gram ViKAS ore satomasse ela komo korouchi… » Ca a le merite de faire rire toute l’assemblee ! Vous rigolez mais j’ai fait de sacres progres en Oriya durant ces quinze jours ! et pas qu’en Oriya ! Je sais a present dire « je mange du riz » dans quatre langues differentes ! dans ces tribus, les poulations continent de parler leur langues vernaculaires : Saura, Koui, Dongare. Nous enchainons par la suite, jeux, discussions, scenes de theatres et debats. Je me metamorphose en corbeau puis en cigale et en fourmi avant de devenir le lievre et la tortue ! Me voila en train de jouer la comedie et de mimer ces petites lessons de morale… S’essayer au theatre muet n’est pas tant aise mais ca amuse la gallerie et retiens l’attention, le message passe mieux quand je fais le pitre et revet mes talents de comedienne !! Puis nous devenons plus serieux, voila que nous entamons les chapitres des regles de vie au sein du groupe, regularite des reunions, contributions finacieres mensuelles, etre a l’heure, rembourser son prêt tous les mois, faire tourner le leardership, promouvoir le consensus pour la prise de decision… Attentives les femmes ecoutent et participent. Le telephone arabe pour expliquer l’importance de la communication, la fable de la cigale et la fourmi pour expliquer la necessite d’epargner de l’argent…un journal peut etre facilement dechire, une pile de journal est incassable pour souligner la force de l’unite, la main, la bouche et l’estomac decide de faire greve, apres quelques jours c’est tout le corps qui s’effondre pour signifier que chaque membre du groupe represente un organe et que le SHG est le corps, si une des femmes n’assume pas ses responsabilite, tout le monde en patit…  

Le fumet du curry arrivent jusqu’a nos narines. A l’approche de l’heure du dejeuner, les ventres se creusent et l’attention dinimue, on finit la seance de la matinee par un Beret… une fois la session close toutes femmes se precipitent pour aller chercher leur assiette et une queue se forme derriere les gamelles de riz. Assis a l’ombre d’un Jackfruit tree nous degustons notre repas. On se moque de mon appetit de moineau, bien que l’on me serve une quantite de riz indigeste ! Allez Didi, « Pato Kiali » (reprend du riz !) (Didi signifie « sœur » et est l’appellation que tout le monde utilise pour interpeller une femme, une amie )…Puis on me prend par la main, on me fait assoeir sur un minuscule tabouret en bois. Je suis invitee a boire le the chez l’une ou l’autre, on touche mes mains, on osculte mes bras (qui leur semble bien grasouillets !). Mes bijoux les intrigue : Rupa Rupa ?? Avec mon pauvre Oriya j’essaie de leur parler de ma famille, mon frere un fermier qui possede 40 « gai » (vaches) et ma sœur une  sorte d’« Anganwadi didi » (Anganwadi Didi est une femme employee par le gouvernement qui reste dans les villages et qui s’occupe principalement du suivi medical des enfants. Elle traite les problems de croissance, la malnutrition, et delivre des vaccins. Elle a essentiellement un role de sensibilisation aupres des populations) qui s’occupe des Maousi ( Nom affectif que l’on donne aux grand-meres). Quand je leur dit « Papa, Ma France assichi” elles me regardent avec pitie et pointent de leur doigts mes yeux pour symboliser les larmes. Puis une femme me prend par le bras..hop hop hop je suis entrainee dans les sentiers. Seance botanique ! J’apprends le nom en Oriya de tous les arbres, fleurs, plantes, graines, oiseaux, poules et chiens qui trainent dans les parages. Puis il est deja 15h30, le meeting doit reprendre. Nous rentrons au village, nous nous dechaussons et rentrons dans l’eglise fraiche. Apres le dejeuner, tout le monde est assoupi, il faut donc dynamiser le groupe, quelques exrcises de yoga, un jeu energisant et hop c’est reparti.  

Vers 17h00, le meeting prend fin ou plutot, on me somme de le conclure le plus rapidement possible! Le « Fatheur » fait appel a ses fideles… tout le monde accourt sans broncher… si Mooosieu le demande ! Un jeune homme propre sur lui, vetue d’un polo rose, la Bible a la main et le chapelet autour du cou, pieu attendant du Pasteur, ordonne aux femmes de se rendre immediatement pres de la demeure du grand prestidigitateur. Ne faisant pas le poids face au Goliath de la religion je conclue a la va vite l’exercise que nous etions en train de faire et reporte la fin du training a plus tard. Je me fais alors embrigader et me retrouve contrainte a suivre le cortege qui s’elance vers le calvere. A la tete du cortege, Monsieur le pasteur vetu de son aube blanche, figure typique du missionnaire, le meme que l’on trouve dans les livres d’histoire ! Ce prete pansu et portant d’epaisses lunettes. 15 arrets, les 15 stations du chemin de croix. 1h30 ! Une des femmes du village traine une enorme croix en bois, tout le monde s’agenouille et repete ces paraboles apprises par cœur… reflexe conditionne, surtout ne penser pas c’est trop dangereux ! J’observe le spectacle avec ecoeurement . C’est tellement petit, s’en prendre aux plus faibles, maintenant qu’ils sont devenus corriaces et reticents chez nous, allons eduquer les sauvages ! S’il m’est parfois difficile de regarder en face la misere materielle, je crois qu’il n’y a rien de pire pour moi que l’exploitation de la misere intellectuelle a des fins proselytes. Profanateurs du cruxifix, gourou de notre millenaire, S’IL VOUS PLAIT, epagnez-nous vos serenades et arreter de coloniser leur imaginaire ! La religion …salvatrice ? parce que « croire » les soulagent me direz-vous … sans doute… Il faut bien puiser l’espoir quelques part.. mais dans cette religion qui annhile et paralyse, qui empeche de se penser comme acteur de sa propre vie et qui n’est qu’un moyen de domnination de l’homme sur l’homme ? excusez je la vomis. Parce que Monsieur le prete habite dans une petite demeure luxueuse et bouffe de la viande tous les jours ! Parce que Monsieur le pretre leur lave le cerveau en pretextant que le travil de ONG est seulement sur le papier ! Pfeuuu Gram Vikas veut construire des toilettes! quelle idee stupide ! en attendant Monsieur a son propre trone chez lui ! Son discours est pitoyable et reprend un l’air connu du grand Brel: « chez ces gens la, on ne pense pas monsieur, on ne pense pas on prie » .  

Difficile de passer de la grand messe au petit meeting apres toutes ces sempiternelles elucubrations ? Un dernier rendez vous, nous nous reunissons au milieu du village. Ce soir, coupure d’electricite, nous nous eclairons alors a la bougie. Il se fait tard, les femmes doivent rentrer a la maison preparer le diner, les « au revoir » doivent etre brefs. Un dernier chant tous ensemble, ce chant quelles ont eu la patience de m’apprendre et qui parle du petit « Djissou » (Jesus). Nos derniers mots, un grand merci, un feedback emouvant…On se rememore ces deux jours passes ensemble, les femmes nous racontent ce qu’elles ont appris, ce qu’elles ont retenues. Les moins timides et plus alertes prennent leur courage a deux mains, se levent et prennent la parole devant tout le monde. A Sialelati, une femme tellement emue s’est mise a pleurer en nous remerciant. Alors une petite voix me sussure : women empowerment ?  Se tenir sur ces deux pieds et etre capbles de dire : « Je sais et je fais » ELLE, femme de Sialelati qui ne sait peut etre pas ecrire son nom mais qui a ppris a le faire valoir et a le clamer haut et fort. ELLE, Jaranaha Mashri, membre du SHG Maa Tarini, demain ELLE marchera. Applaudissement, chants, rires…Eh Didi, vient danser avec nous! les hommes nous rejoignent, on sort les tambours et le village se transforme en un petit festival nocturne. C’est doux…  

Je dois deja repartir, je les serre dans mes bras, ma gorge se noue, retiens tes larmes ma Belle !  

150 femmes, 150 visages, 150 histoires… MERCI

lundi, février 2 2009

Happy Birthday Gram Vikas

Preambule




Apres deux mois de vadrouille, me voila revenue a Gram Vikas avec …un tampon faisant office de Visa obtenu après une longue lutte avec les services administratifs indiens. Les dedales de ce labyrinthe auront eu le merite de me faire relativiser la lenteur et la complexite de notre chere administration et de parfaire mon jugement sur ce pays : it’s crapped!




Deux mois de tribulations, j’en ai moi-meme perdue la tete!

Au fait…Happy New Year

Et Bonne lecture




Introduction




Les costumes sont rangees, les gresillements de la sono ne resonnent plus que comme souvenir, tous les invites ont quitte les lieux et tout les “Gramvikassiens” ont retrouve leur bureau…Un vent de nostalgie souffle sur le campus de Mohuda…




La magie nous a joue ses tours, et l’atmosphere a pris l’allure d’un camp de vacances a echelle “indienne”. Ce sont plus de 3500 personnes qui se sont reunies ces deux derniers jours pour celebrer le 30ieme anniversaire de la naissance de Gram Vikas. Grands discourse et recompenses, la grande “Cour” a ete accueillie avec reverence, tour a tour les pontifes entoures de leur masacarade sont venus feliciter le travail realise par Gram Vikas ces trente dernieres annees. Les guirlandes de fleurs decorant l’estrade, les neons projettant une lumiere psychadelique, nous voici dans le monde pheerique du Happy Birthday a echelle “indienne”!




Gram Vikas : le retour~ episode 1




Un premier pas dans le campus, une longue bouffee d’air, et un “ahhh enfin je suis de retour”! Puis s’en suit ce sentiment deconcertant, c’est comme si je n’avais jamais quitte les lieux, et pourtant tout me semble different. Je me sens soulagee, comme arrivee a destination, la ligne franchie après une course folle. J’erre dans le campus, toujours ce calme, cette tranquilite …ce breuvage que je peux inguriter sans moderation …mais paradoxalement il faut retrouver ces reperes et remettre le pied a l’etrier, renfiler le costume, et…remettre le masque que m’impose la langue anglaise. Pourtant je le sais, je suis la et cette fois ci je ne compte plus decamper avant la fin de mon stage mi-mars! J’aime trop cet endroit, l’ambiance qui y regne, le sourire de Kumari, la dame au balai magique, les dictons de Jacob, la nouriture de notre chef Nana et la poussiere des allees ombragees du campus qui caresse mes orteilles a chacun de mes pas. Et puis ce soleil, le soleil rugissant de l’orissa qui fait brunir ma peau…




Je le crie desormais haut et fort, l’Orissa est la plus belle region de l’Inde, mes dernieres heures de mon lonnnng trajet en train Delhi-Berhampur (34 heures eprouvantes…imaginez juste un instant partager votre couchette avec des hommes imposants a la barbe blanche appartenant a l’une de ces sectes spirituelles et qui chantent d’un air monotone la grandeur de leur gourou a longueur de temps!) ont ete pour moi l’occasion d’apprecier une fois de plus la beaute de ces contrees sauvages. Le vert a disparu, le peintre a change de pinceau, les rizieres verdoyantes juveniles sont devenues des champs de terre brunie ou poussent de petillante fleurs jaunes.




Je cours de maison en maison pour announcer mon arrivee, Clementine et son Visa sont de retour! mais…pas le temps pour la parlotte et les longues explications… tout le monde s’active, s’agite, s’evapore…Pareil a un geant essaim d’abeille, ca vole, ca butine, ca Bzzzz de toute part…Je ne met pas de temps a comprendre que l’ambiance est tendue et que la tension monte. C’est la derniere ligne droite, nous sommes exactement le 18 janvier, plus que quatre jours avant le jour J… le Gram Vikas’s Happy Birthday!




Une semaine de collocation avec Anna, la volontaire finlandaise avant de poser tout mon campement… a la maison! Un moment de bonheur, mes retrouvailles avec la room number 8, mon petit chez moi! Si dans mes veines coulent la soif de voyages, je suis desormais certaine que j’appartiens a la categorie des sedentaires, deux mois de nomadisme m’ont prouver qu’il fait bon vivre au village!




Voila deja une semaine que j’ai retrouve ma grande famille! Gobardan mon professeur attire de Yoga, Vipin le charmeur officiel et toute la tribu de volontaires. Les habitudes dont on pourrait croire qu’elles portent avec elles tout le poid de la monotonie et de l’ennui sont bien au contraire appreciables, les pauses tchai de 10h30 et de 15h30, le sitting devant les marches de ma chambre pour boire une biere et commerer, le lassi de Berhmapur, le mmeeuuu des 44 vaches du campus a l’aube…




Venons-en a l’equipe de volontaire, une presentation rapide pour que vous ne soyez pas perdus dans mes prochains mails quand je vous parlerais de mes aventures trepidantes en compagnie de mes comperes:

- Lena, l’allemande qui n’aime pas la biere … et qui n’est pas blonde aux yeux bleux. La princesse du campus, a l’humour sarcastique et a la replique spontanee...et pas toujours tres diplomate. Elle trouve comme moi que parfois certains aliments ont le gout de l’odeur. Son humeur varie en fonction de la quantite de sucre et de graisse accumules dans son sang, un seul biscuit au chocolat et la voila de nouveau toute guillerette ! Beaucoup de fous rire toutes les deux, aller j’ose le dire… c’est ma “copine”

- Hyungjung, la korenne, son slogan est : on doit commencer Berhampur par une touche sucree! Elle a la phobie des grenouilles et parait-il qu’elle a reveille tout le campus une nuit en apercevant l’affreuse bebete dans sa sale de bain!

- Anna, la finlandaise, quadrilingue et fumeuse de cigarette aux cloux de girofle. Elle ne tient pas en place et s’ennuie vite. Elle complote beaucoup et est le principal vehicule des commerages dans le campus!

- Kigan, le canadien au rire communicatif. Ses nerfs sont mis a vifs par le caractere imprevisible de ses collegues du biodiesel office. Contrairement a Lena il adooore la biere et pareillement a la demoiselle il adoooore manger!

- Louise et Claire, la premiere canadienne, la seconde anglaise, deux habituees de Gram Vikas, deux retraites qui ont encore 25 ans dans leurs tetes et qui profitent de leur temps libre pour filer un coup de main de temps en temps. Des amoureuses de l’Inde aux coeurs charitables, nos deux grands-meres preferees!




Vous voila maintenant au clair avec la cohorte des peaux blanches de Mohuda.




Quelques dernieres anecdotes : les arbres du campus ont perdu leur feuille, je le surnomme desormais the naked campus. Pendant mon absence, Kigan a essaye de faire son vaillant en tentant d’en venir a bout avec le cobra qui rodait dans les allees brousailleuses du campus, Anna a fait connaissance de Messieurs les scorpions, et les thermites ont construits des pyramides geantes un peu partout…la faune et la flore pullulent ici!




Vous l’aurez compris, je me porte a merveille ici et suis en bonne compagnie..reste a definir avec ma maitre de stage mon prochain objet de recherche et …en route pour les villages.




Gram Vikas : pour Gram Vikas hip hip hip, pour GV hip hip hip, pour GV hip hip hip houraaa~ episode 2




Les stands ne sont pas prets! il nous manque le rouleau de scotch! un meeting a lieu a 14h30!!! J’observe et le rigole, l’organisation n’est decidement pas le fort de mes amis les indiens! Mais soyons modestes, pourrait-on faire mieux si l’on devait accueillir plus de 3500 personnes sur un terrain de cricket pendant deux jours!




Les 22 et 23 janviers, Gram Vikas a soufflé ses 30 bougies! Felicitations Mr Joe! Anniversaire fete comme il se doit, pas de grand faste, la simplicite et la convivialite cheres a Gram Vikas ont suffit pour faire de ces deux jours un evenement memorable.




Des gouttes de sueur ont coule de beaucoup de fronts pour preparer un tel evenement. Chacun a mis la main a la pate, un petrissage collectif, une lecon de cuisine assez brouillon mais qui au final a porte ses fruits : nous avons tous apprecie le festin! D’abord les badges et les tickets repas, un dimanche passé a couper, dechirer, cliqueter! Ensuite, deux jours de peinture a l’Art Section, nos compagnons les artistes sont debordes ! Lena doit alors joue le role du macon, Claire celui du tailleur et moi celui du Gold smith! (je ne m’etend pas plus sur le sujet, les photos seront assez explicites!). Vous l’aurez compris, la semaine ne fut pas de tout repos, mais qu’importe la fatigue a donne lieu a de bonnes bosses de rire!




La ceremonie est ouverte, tout le monde est reuni sous le grand chapiteau, les applaudissements resonnent a des kilometers a la ronde, la communaute Gram Vikas est comme qui dirait personnifiee, la, en chaire et en os…la levee de drapeau, le discours de Joe…les coeurs battent, l’emotion est a son comble, et ce message : ne nous contentons pas de regarder en arriere mais continuons d’aller de l’avant.




Difficile d’en croire ses propres yeux : des milliers de saris, des tonnes de riz et des heures et des heures de musique, de danses et de chants! Des representants de tous les villages avec lesquels Gram Vikas travaillent sont presents ; ces villageois le sourire aux levres et si contents d’etre les heureux invites de ces deux jours de festivites. Le gouverneur de l’Orissa (qui soulignons le ne parle pas Oriya, ne cherchez pas a trouver la logique, il n’y en a pas), accompagne de sa cohorte de gardes du corp, a fait son speech (il ne saurait vous mentir si je vous dit que c’est Christine qui la ecrit quelques jours plus tot!), un prix est remis a Joe. Les volontaires sont de service pour s’occuper des VIP, cette gente aux jambes trop flemardes pour marcher du campus jusqu’au terrain, ces funding agencies, enterprises de charite!! Cela nous aura valu l’occasion de fuir pour quelques heures le gresillement incessant des haut-parleurs et ce tube qui tourne en boucle au point de vous render fou!




Gram Vikas a recu les plus honorables felicitations et encouragements, la reconnaissance d’un travail de longue haleine, des obstacles franchis, du chemin parcouru et de ses nombreuses reussites. La fete est deja finie, Gram Vikas a pris une ride…Au dela de tout cela, que faut-il finalement retenir? Pour ma part, ce sera cette phrase ecrite par un villageois sur le “memory wall” : “When there is no God, it’s still there Gram Vikas”.

vendredi, janvier 30 2009

C’est une maison ROSE adossee a la colline…

C’est par le chant du coq que l’on est reveille a Kanda. Et c’est avec grand peine qu’il faut sortir des bras de Morphee, plus rassurants et confortables que le froid sec et saississant d’une matinee hivernale. Heureusement la tasse de tchai, premiere d’une serie qui rythmera nonchalamment la journee, et son effluve chaleureuse me fontt sortir la tete du nid… il est 8hoo. La famille Verma s’active deja depuis une bonne heure, le quincaillement des gamelles, la soupape de la cocotte minute, le belement des chevres entetees et gourmandes, la toux roque du patriarche et les aller et venus des enfants dans la cour… Les cheveux ebouriffes caches sous mon bonnet, lequel profondement enfonce sur ma tete afin de ne laisser passer aucun filet d’air mesquin qui pourrait s’amuser a me chatouiller les oreilles en ces matins frileux, je sors de mon antre et me fait accueillir comme il se doit par Dame Nature. Vigoureuse et sereine, apaisee et pleine d’assurance, la montagne resplendit et s’adonne aux folies evanescentes de la brise legere qui lui caresse langoureusement la chevelure. Sur ses flancs, les champs en terrace dessinent avec impertinence des lignes sinueuses qui s’amusent a perdre nos regards dans l’immensite tapageuse de matins embrumes. Le feu est allume et les braises sont regroupees dans de grandes coupelles en fonte autour desquelles les plus frileux s’assoient et se rechauffent les mains. Il est impossible de ne pas les cris percants de la Mere, la Mater et sa voix aigue qui helle sa progeniture. Cette derniere s’execute, la belle-fille est aux fourneaux, tandis que le fils ramene le betail et la niece collecte le composte.

Je prends un balai, un amont de brindilles ficelees, et je nettoie la cour principale en epoussetant les epluchures des cacahuetes, les papiers de bonbons jetes ‘innocemment’ par les enfants et les debris amonces au fils des bourrasques de vent. Le petit dejeuner est servi, nous nous regroupons dans la maison des Verma… du riz compact accompagne de dal et d’une sauce epaisse assez douteuse … un repas qui vous scelle l’estomac pour une bonne partie de la journee! Personne ne dit mot, on mange en silence et on engloutit son assiette. Le petit Gottam se presse, il doit enfiler son uniforme, nouer sa cravatte et preparer son cartable. Fin prêt et affuble de la tete aux pieds tel l’ecolier modele, le voila parti, vagabondant dans les sentiers sableux. Les macons arrivent, la pelle sur l’epaule, la motivation aux fonds de chausettes. Nous prendrons les chemins de la carriere, c’est la qu’il y a du cailloux a ressasse! L’hiver n’est pas la saison propice aux travaux dans les champs, ceux-ci se reposent de la recolte derniere et se laissent bercer au rythme de la jachere et de ses prairies vertes. Je ne m’initierais donc pas au wwoofing(world wide organic organization of farming) a Kanda (ce n’est que partie remise, l’Espagne m’en reservera l’exclusivite!) mais en revanche je muscle mes petits bras en participant aux travaux de maconnerie. D’abord la construction de murs… (pas tres droits), les beches de ciment, et le transport de parpins… puis le tamissage du sable de la riviere et enfin les coups de pioche. Ne vous laissez surtout pas impressionner, excusez l’expression mais …s’il arrive que des gouttes de sueur perlent sur nos fronts, il s’avere que l’adage ‘grands mouvements, petite vitesse” est plutot la constante. C’est a ce moment précis, après avoir commence depuis a peu pres ¾ d’heure a travailler qu’intervient la deuxieme pause tchai! Les scores sont annonces. Mes trois collegues robustes tendent l’oreille, le commentateur du tournoi de cricket fait fumer le haut parleur dont les gresillements s’emparent de toute la vallee. Dapolasera contre Kanda, un duel de choc, les supporters sont tenus en haleine, les amateurs se lechent les babines, c’est du direct pendant toute la journee!

A Kanda, je transgresse les lois du genre… pourtant bien etablies! Il m’a ete gentiment propose le soir du 31 decembre de deguster un verre de rhum ambre, une “recreation” propement masculine et reserve a ces moustachus soucieux de preserver leur pre carre afin de cantonner le “deuxieme sexe” au bas du classement. Je me suis mordue les levres pour ne pas leur demender : Et ces Dames en train de vous preparer un festin dans la cuisine n’aiment-elles pas le rhum elles aussi? oups, suis-je bete sans doute sont-elles allergiques! Oui ca doit etre ca! Nous ne saurons jamais assez vous remercier messieurs de nous eviter les mefaits de l’alcool et de leurs airs titubants, de leurs etoiles ennivrantes et de leur odacites libertaires! Bon je vous l’accorde, meme s’il m’arrive d’etre une hors la loi… je suis toujours la volontaire designee pour aider a la vaiselle ou eplucher les pommes de terre! Non que je me complaise dans ce role mais j’avoue il me permet de vivre de beaux instants de vie avec les femmes et peut etre de les comprendre un peu mieux.

La belle-fille, ah! ce personage intrigant et mysterieux qui m’inspire une empathie assez deconcertante, un sentiment qui oscille entre la compassion et la pitie. Confinee aux taches menageres les plus ingrates, cloitree la majeure partie de son temps dans la cuisine, la petite princesse, la mariee de 21 ans, est la piece rapportee (pour la famille Segretain je dirais meme la “valeur ajoutee”) qu’il est bon d’avoir sous son toit. Ah vous voulez decouvrir l’Inde rurale, la VRAIE Inde aux dires de Mr Verma, venez sejourner a Kanda, vous comprendrez que “Social Elevation” ne rime pas avec parite ou egalite Homme-Femme

Le petit tour traditionnel au marche de Kanda…un approvisionnement regulier en biscuits secs peu ragoutants mais qui me font malgre tout saliver et qui rassasie mes envies frenetiques de sucre! Je retiendrais de Kanda et de ROSE les legumes bio du jardin , ses plats epices, le livre que jai devore la-bas (que d’ailleurs je conseille a tous lecteurs qui se respecte : “The world according to Garp”), le chant Palome Palome et …tant d’autres choses qu’il me tarde de vous conter.

…Un coup de telephone… la bonne nouvelle tant attendue! Arthur est ne ce 2 janvier 2009 pour le plus grand bonheur de la famille Duval-Comer! Un pincement au coeur, cette culpabilite lancinante, etre loin des siens en ces moments familiaux si importants. Une soeur que l’on ne peut serer dans ses bras, la fatrie epprouvee… un je vous aime qui s’effiloche dans les echos du telephone mais qui n’en demeure pas moins vivace…un mois de mars que l’on reve en cachette sans veritablement se l’avouer…

Cf : Quelques petites references - Un petit tour sur le site de ROSE … Tapez ROSE Kanda sur google - Le “Deuxieme sexe” de S. de Beauvoir - Wwoofing

samedi, décembre 13 2008

Mes aventures…mes dechirures

C’est le Coeur gros et la larme a l’œil que je viens vous conter mes dernieres aventures! J’ai tout perdu…et depuis ce matin je suis definitivement a nu! Des eclaircissements a ce message brumeux, ils arrivent tenez vous prets…

Gare de Gorakphur, 2h30 du matin… nous attendons le train qui a 2h30 de retard, j’ai tres mal digere un samosa, je dois courir aux toilettes sans porte toutes les deux minutes, je m’affale sur mon sac, enleve ma sacoche qui ecrase mon ventre ballone et somnole… tchou tchou le train est enfin annonce…vite vite j’enfile mon gros sac, je ne perd pas Matt des yeux, la cohorte de voyageur se bouscule, je suis dans les vapes… ET… j’oublie ma sacoche sur le quai!

La sacoche, oui la fameuse sacoche! Cette sacoche insignifiante l’air de rien mais qui recele un certain nombre de tresors…Clementine l’ecervelee en fera les frais…elle a perdu son passeport, son visa, sa carte bancaire, son appareil photo, son porte-feuille, ses clefs usb, son couteau suisse… et son journal de bord a qui elle racontait ses aventures depuis pres de six mois! Economiquement parlant je dirais que c’est une lourde perte, sentimentalement parlant un deuil a porter!

Je passe une nuit paisible dans le train… mon ventre se remet de tous ses etats… on se reveille doucement…L’envie me prend d’ecrire, tiens donc mon crayon est dans ma sacoche et ma sacoche est… !!! Et c’est le drame! Je met le vagon sans dessus dessous… rien a faire… Je ne met pas de temps a analyser la situation… decidement je colle definitivement a ma reputation et je ne pourrais prouver a papa maman qu’ils ont tort…mais ou ai-je la tete?

Je court a la recherche du controleur…j’essaie de ne pas perdre mes moyens…il ne parle evidemment pas anglais, des gestes suffiront a traduire la situation …jappelle trente six mille numeros, bien sur personne n’est dans la mesure de repondre a mon probleme…y’a t’il seulement un probleme? Lol . Desesperee je me met alors a prier le ciel, c’est vous dire…

Une lumiere ou plutot du bon sens… Appeler l’ambassade…Je me depatouille tant bien que mal en squattant les portables d’indiens adorables qui m’offriront une communication au prix de mon sourire et de mes quelques pleurs. Je retourne m’asseoir a ma place et …surprise! une horde de journalistes s’agroupent autour de moi…je n’ai pas le temps de dire ouf, les flashs en plein dans les yeux… clem la sans papiers dans la boite … Je ferais sans doute la une de la page des faits divers du prochain numero du journal local!

Un voyage pesant, long, inquietant… Nous arrivons a Delhi a 19h30. Je file directement au poste de police faire ma declaration de perte…Un veritable theatre comedia del arte, une collection de bonhommes en uniforme vert tous plus fous les uns que les autres, un bureau de police surrealiste! 2h00 pour remplir un papier…le temps de se faire offrir deux tchai par le sous-sous-sous commandant employe pour palier l’appetit ogresque des lieutenants et autres grades… un defile de paperasse, un traffic d’armes, des signatures manquantes, mon cas n’est qu’une goute d’eau dans l’ocean des considerations de l’armee delhienne! Bref je ressort avec ma deposition… Mon unique moyen de faire valoir ma regularite sur le territoire! Reste que si je ne suis plus une « identityless » je demeure une « moneyless »… je m’endette aupres de mon americain, le comble en ses temps de banqueroute etatsunienne non? Nous trouvons un hotel cracra mais pas cher, ou les rats longent les murs et le proprietaire vous rote au nez. Je dois a la premiere heure demain matin me rendre a l’ambassade… Matt prend lui le bus direction Jaipur pour le marriage!

Une journee de galere, jai principalement passer mon temps a courir entre le telephone et la banque… Une nouvelle fois un grand merci aux parents pour leur patience, leur comprehension et leur disponibilite… jai envie de le dire promis c’est la derniere fois mais…

J’obtiens mon argent grace a l’honnetete et la professionalite du gerant de la western union… parce que oui, comme mon identite est seulement provisoire il m’etait impossible de recevoir de l’argent. Au bout du compte je lui fait confiance, cest lui qui recoit mon argent… il me le remet en me disant avec le sourire : « take care and keep your head! »

Delhi seule j’etouffe! je file rejoindre mon americain…hop je saute dans le premier bus! On se retrouve le soir meme, on mange un bon gros thali et on retrouve tous les deux le sourire. Le marriage …une blague… moi meme jai du mal a y croire! Vipin, « l’invitateur officiel », frere de l’hypothetique marriee sest casse le cou il est donc actuellement au gujarat a quelques 200 kms du lieu ou se trouve le soi-disant marriage… allez vous croire ca? Rater le marriage de sa sœur pour une vertebre deplacee dans un pays ou le marriage a une telle signification et est un tel etau familial…impossible! D’apres nos theories, plusieurs possibilites : il n’y a jamais eu de marriage et Vipin est un megalo manico-menteur, un drame est en train de dechirer la famille et il veut nous epargner le scandale ou enfin Vipin est un grand bebe a la limite de l’hypocondrie…

Toujours est-il que nous avons parcouru des kilometres et des kilometres, attendus des heures dans les gares et paumer nos papiers pour aller jusqua ce p… de marriage au rajasthan… ca sent le plan foireux indien a plein le nez, l’imprevisible imprevisibilite, le fameux credo « Let see what happen »! Avons nous a ce point des tetes de ‘Jerk’?? Je comprend maintenant de mieux en mieux pourquoi l’ambassade de France a embauche a plein temps un psychiatre… L’inde rend belle et bien fou!

On en rit, on passe au dessus, et maintenant que l’on est a Jaipur et bien profitons en. On soudoit le receptionniste de l’hotel pour qu’il m’autorise a rester malgre l’imprecision de mon statut consulaire… chuuut le manager n’en sera rien! Du coup il faut qu’on se leve a 6h pour quitter l’hotel avant que le boss se ramene… Jaipur au lever du soleil…jai enfin trouve l’inde D’Alladin, les palais des grands Raj, la ville rose, les chaussures pointues, les tissus brillants et colores, le chech dresse sur la tetes des octagenaires barbus, le minaret et l’appel a la priere… Une ballade matinale, nos dernieres foulees touristiques, l’ultime echange de sensations en terre inconnue…

La boucle est bouclee, j’ai rencontre Matt un certain 13 aout 2008, je l’ai quitte un certain 13 decembre 2008 au petit matin…une clem en lambeaux … Pas laches d’une semelle depuis 4 mois, 24/24, un partenaire de travail, un compagnon de route…une amitie indescriptible, un attachement fusionnel, un reve que nous n’avons jamais laisse devenir realite…

Une perle d’amerloc, elle repart vers l’ocean…

L’Inde a ete jusque la NOTRE aventure, a moi maintenant de la faire mienne…

vendredi, novembre 28 2008

Les deux jours les plus longs

48 heures pour atteindre Kathmandou… et pour parcourir 400 kms! D’abord un taxi delirant avec un chauffeur toalement a cote de ses pompes…on a ete oblige d’insister fortement pour qu’il change la roué qui etait clairement crevee et dont emanait un pchttttt peu rassurant! Ensuite ce policier ingrat et de mauvaise composition se plaignant d’avoir cinq petits visas a remplir! Puis cette nuit de transit dans cette petite ville desertique a la frontiere ou il n’y a strictement rien a faire! Les restaurants ne servent plus a manger après 18h30 mais restent tout de meme ouverts histoire de hanter les tourists pris en otage dans cette ville fantome!

Pour passer le temps nous avons jouer aux cartes avec les argentins coinces dans notre petite chamber d’hotel a la lumiere psychadelique et aux robinets… sans eau!Il faut tout de meme que je vous explique le detail de la situation : le fait est qu’apres les innondations qui ont touché le delta du Nepal un pont a cede et la riviere ne peut desormais qu’etre traversee par un bateau dont le service fini a 18h301 N’etant pas arrives dans les temps impartis nous voila pris au piege attendant patiemment le prochain bus pour kathmandou a 4h00 du mat le lendemain!

Les premieres heures du trajet en bus se sont deroulees parfaitement…puis vint alors l’epreuve de la fameuse riviere : ;la traverse suicidaire… premiere peripeties de la journee! Alors que nous nous attendions a nous trouver face a une navette suffisaemment solide pour accueillir les centaines de personnes desireuses de traverser la riviere, voila que nous tombons nez a nez avec des barques de misere, scellees avec de vulgaires bouts de bamboo et coulant deja de moitie alrs qu’elles etaient vides! On s’entasse dans ces embarquements de fortune… ca tangue dur…Cette barque etait donc cense nous amener jusqu’a l’autre rive… bien sur il aurait ete trop facile s’il en avait ete ainsi!Le moteur lacha en plein milieu de la traversee, ce moteur artisanal et improvise crachant une fumee noire epaisse. Finalement, ironie du sort, il aurait ete de meilleure augure de ne pas se plaindre d’entendre tousser l’engin..! car quand celui-ci a denie porter le piquet de greve nous ne pouvions plus compter que sur la grace de Dieu pour notre surivie! Le bateau s’est mis a deriver emporte par les courants, plus aucune maitrise de notre Trajectoire!

La panique s’est alors emparee de l’equipage criant a l’aide et hellant leur collegue. Comme Lebon l’avait judicieusement souligner, la panique propre aux foules a mis peu de temps a creer un élan d’angoisse! S’est alors que mon coeur a commence a palpiter.. quand vous voyez les nepalais eux mm devenir pale de peur et lancer des pieces de monnaie dans l’eau en priant Dieu de leur preserver la vie!

Le temps de reaction des autres marins nous paru etre une eternite … au final un 2eme bateau est venu a notre rescousse et nous a remorque jusqu’a la berge. Toutefois, nous n’etions pas encore sortis d’affaire car il fallait sortir de la barque … sans s’enfoncer dans les sables mouvants qui, les fourbes, s’etaient amonces pour former cette masse sableuse grisatre … a premiere vue solide! Tout le monde s’est rue precipitamment hors de l’embarcation provoquant un flot de maree humaine qui fit ceder ce tapis fragile. Pour sortir de la j’ai alors lance mon sac a Matt, pris mon élan et sauter le plus loin possible pour eviter de m’envaser! Un grand ouf, nous ressorons tous vivants! Et tous secoues!

On en rigole bien sur après coup en marchant dans cette immensite sableuse pareille a un paysage lunaire, une steppe de Patagonie. Nous sommes schotches par les incidents cause par les innondations, les routes sont totalement creusees par l’eau et les bancs de sable recouvrent largement les plaines. Le lever du soleil eveille cette mer d’argent et nous slalomons entre dunes et vaguelettes formees par le ressac de la riviere. Un premier apercubdu Nepal assez atypique et …extra…terrestre!

Nous grimpons dans le 2eme bus…derniere ligne droite jusqu’a Kathmandou! Qui aurait imagine que nous serions stoppes 5hoo au milieu de nulle part par une greve locale et par un barrage de fortune … deux pneux ! Apres avoir acheter les deux seules bouteilles d’eau disponaibles dans ce village, fait pipi derriere un buisson il n’y avait pas d’autre chose a faire que …d’Attendre! Le jeu de carte a alors ete une nouvelle fois d’une tres grande utilite!

En fin d’aprem on repart…il est 17hoo. Des pauses toutes les demies heures… chargement de pomme, pause the, …Impossible de dormir dans ce bus, un taudit! La plupart des fenetres s’ouvrent a la moindre bosse, le vent s’engouffre dans les rideaux…gla gla gla. Bien sur nous devions faire le trajet de journee, nous n’avions prevu ni couverture ni chaussette! La situation etait tellement cocasse, j’etais assise sur un tabouret au milieu du bus, un bras agrippe par Agathe morte de trouille (le chauffeur roulait comme un fou et on manquait de verser a chaque virage!) et l’autre faisant office d’oreiller pour mon voisin de droite! Un energumene assis au fond, totalement ivre nous braille dans les orielles toute la nuit On s’est bien demander comment le chauffeur tenait le coup sans se shooter… 20 heures d’amplitude,ca tient dusurhomme!!

Une epopee dont on rit seulement une fois qu’on a pose le pied a terre! 5hoo du mat, Kathmandou ici Kathmandou! Je file directement a l’ambassade pour attendre 3 heures dans le froid le temps que l’administration m’ouvre ses portes!

Les plus hautes montagnes du monde...majestueuses, envoutantes, sereines...

Une pente raide pour commencer une journee dont on n'aurait jamais inaginer qu'elle se serait derouler ainsi. Le programme devait etre place sous le signe de l'improvisaion, il le futde A a Z. La langue deroulee jusqu'a terre, les perles de sueur degoulinant le long des tampes ...nous atteignons le sommet de la route nous menant au monastere Chei Longchang le soufflé coupe! Il faut dire que le denivele etait coriace…bon d’accord je m’invente peut etre des excuses, ma forme physique suffit a expliquer les palpitations intemperees de mon Coeur! Un pti dej devant une vue spectaculaire assi sur notre banc en bois aux pieds du precipices…veg momo et the au gingembe dans des tasses chinoises. La vie monasteriale s’active autour de nous, les apprentis moines se drapent de leur tenues bordeau. Nous faison le tour du monastere en suivant la regle d’or : toujours circuler dasn el sens des aiglles d’une montre! A l’etage un pretre appele Lama recite sa priere. Les vibrations de sa voix monotone font fremir les parois de l’edifice. Nous restons stupefaits face a son visage transi, sa recitation passionee et cette atmosphere mystique. Une autre scene etonnante, ce vieu moine marchant a contre jour le long de la crete. Nous uivons des yeux sa silouhette elancee, sa sagesse lancinante et sa majestuosite maitrisee. Ls drapeaux de priere flottent au vent devant les stuppas d’une blancheur eblouissante. Nous ne cessons de nous autosatisfaire en nous disant que nous sommes au meilleur endroit qui puisse etre sur la terre a la minute presente! En nous balladant dans les petits sentiers environnants le monsatere nous tombons sur Rajhan, le plombier du coin, responsible du reseau aquifere de la region! S’improvise alors un trek en sa compagnie…nous sommes tellement cotens d’echapper aux ‘ITINERAIRES’ du lonely planet et aux hordes de tourists. La montagne est peuplee d’une vegetaton dense et diversifee ; On se croirait dans les bois imaginaires de contes de fee ou se melent arbres sacres, steles des anciens rois, lianes, palmiers, pins epineux…

Ptite séance botanique on s’arrete gouter le reglisse niche dans le creux d’un arbre, les plantes medcinales qui poussent a foison! Nous arrivons après qlq heures de marche aux fameuses grottes bouddhiques situees au pic de la montagne. On escalade ses caves saintes… si tu nous avait vu maman! Apres cette pitorresque séance d‘alpinisme nous nous posons pour papoter sur un rocher duquel nous pouvons admirer un panorama merveilleux. Rajhan nous parle alors de son amour pour les grands espaces, l’air pur de la montagne, la nature nourriciere, son rejet du hip hop tibetain, sa haine de la colonization des telephones portables et enfin sa passion pour David Beckam!

C a travers les petits villages de montagne que nous redescendons, de sentiers sinueux, des racines, des pierres pour faire office de marches. Des maisonnettes tres colorees, des petits balcons de bois, des abris pour les chevres, des jardins abondamment fleuris, des champs en terrasse dessinant des sinuosites ongueuses…Des habitants au facies types tibetains… des visages marquants

Rajhan insiste pour que nous faisions une halte chez lui.. une soupe brulante nous est offerte..un delice. Il habite un petit chalet typique de la region, tres charmant.. petits volets verts et blasons tibetains couvrant les murs. Rajhan n’auar pas de mal a nous convaincre de remonter avec lui jusqu’au monastere. Munis de lampes torches, nous entamons la montee dans le noir le plus total! Les mollets en confiture dans un sentier tres cailloueux..dur dur

La recompense après la derniere grimpette de la journee… un verre de Chen…alcool du sikkim a base de bamboo..on se serait cru rejoue l’episode des bronzes font du ski en avalent dans un deglutissement eprovant l’infame breuvage! Puis la degustation d’abat de poulets.. s’en est trop, avec Agathe on jette l’eponge et on depose discrdtement l’immondisme dans un bout de papier journal qui trainait dans notre sac!

Darjeeling

Leves a 4h00 du mat' pour sauter dans une jeep en direction de Tiger Hill, point culminant de Darjeeling, pour asister au reveil de l'Everest, du Kinchenjunga et des autres monts dans une fraicheur paralysante! N'ayant pas encore investie dans les gants, les paires de chaussettes ont fait office de mouffles!Emmitouflee dans ma couverture, et dopee avec des litres de cafe j'ai retenu mon souffle jusqu'au leve du soleil en attendant l'instant fatidique...6H04, les premiers sommets montraient leur bout du nez. La horde de touristes s'ecrit alors : "ouaahhhh"... nos yeux se regalent, on oublie alors que nos petits petons sont transis de froid!

Rencontre de deux argentins qui ont migre vers l'espagne depuis la crise de 2001 et puis d'un russe photographe qui a deja fait trois fois le tour du monde. De monasteres en monasteres nous sommes redescendus tous ensemble jusqu'a Darjeeling. Discussions politiques sur la situation en Amerique latine, Evo et Hugo on est avec vous! Une premiere halte, un ptit dej traditionnel nous est offert : pain tibetain, the de Darjeeling...les moines nous acceuillent avec la plus grande gentilesse. Ils son epatants, une telle culture, une elle ouverture d'esprit malgre leur isolement en haut de leur sommet dans leur Gompa! Le clou de la matinee, un monastere dedie aux moines apprentis...des petis anges aux yeux brides envelopes de leur robe bordeau qui s'activent pour les preparations des festivites a venir. La vie en collectivite, le partage des taches : deux lavent les carreaux, trois raclent les egouts, quatre apportent les ecuelles pour la messe. Non sans se faire prier nous acceptons avec grand plaisir l'invitation qui fut la leur d'assister a la grande messe du matin! Tous les etudiants s'assoient sur des petits duvets de velours et sortent de leur tiroir un manuscrit tibetain. Ils commencent alors a entonner la priere menee par les grands sages a la voix graves et profondes. Les mediattions sont entrecoupees d'entremedes musicaux. Des tambours de toutes les sortes, des trompettes stridantes qui barient tel un elephant, des symbales, des cloches...un capharnaum harmonieux, un concerto hypnotisant. Mes yeux courent aux quatre coins de la piece, tout est tellement intense : les visages, les paroles, les pieces de marbres, l'irise des tissus soyeux, la vibration des instruments... Par la fenetre les rayons du soleil percent l'atmosphere, le rechauffe et vitalisent l'efigie de Bouddha qui trone derriere sa vitrine luxuriante.

mercredi, novembre 19 2008

Calcutta ou Kolkata?

Coucou!

des nouvelles toutes fraiches de nos premieres decouvertes!

Calcutta est grandiose, que dis-je enorme, oserai-je genialissime!

Une ville geante qui vaut le detour, un charme fou, une vitalite epoustoufflante!

nous avons essaime ses rues en galopant de places en places et en appreciant l'architecture coloniale...oui vous m'avez bien entendu, je suis en train de feliciter ces foutus british...

Surprise par son aspect tres pittoresque...des batiments tombants en ruine, morts mais rehabilites par la vie, le linge etendu le long des balustrades, les arbres qui se faufillent entre les boisures, les balcons a la peinture ecaillee surplombes de pots de fleurs dans lesquels poussent des plantes exotiques...

Et ce tchai qe l'on boit ici dans des petits pots en terre cuite, ces stands qui longent les trottoirs et qui regorgent de street food, des parotha, des puri, des thalis... les rues sont totalement investies, on y cire les chaussures, extrait du sirop de canne, coupe du bois, vend des salades de fruits...

Une experience complement folle, prendre le plus grand ont de Kolkata en sesn inverse de la circulation...et seulement pedestre! C'etait tellement surrealiste, je n'ai jamais vu autant de monde d'un seul coup au meme endroit, des gens qui marchent si vite, sans se demander ou ils vont, des gens qui sautent dans le premioer bus bondes qui passe dans la rue, des gens qui porte sur le dos, sur la tete, autour de la taille des panies de fruits, des colliers de fleurs, des attaches caisse...bref une demence deconcertante, un tohubohu plutot 'inhumain'...

Oui au fait je chosi d'utiliser Kolkata car cest comme cela que la ville a ete rebaptise, une maniere d'en finir avec l'empreinte coloniale et le dicktat culturel de l'empire brittanique. On etouffe a Kolkata, la pollution forme un nuage grisatre qui embrume du petit matin jusqu'au soir toute la ville! il n'y a qu'a voir la couleur de nos orteils et de nos mains a la fin de la journee! Cest que le traffic comment dire...est DENSE ici, c'est la course 24h sur 24h, des bus a mon avis qui date d'il ya cent ans et qui crachent une fumee...euch euch euch et des milliers de taxis jaunes impatients . Ce que nous avons tout de meme eu le plaisir de constater c'est que les transports en commun sont tres developpes : Ferry, bus, tramway, metro...Imaginez un peu Kolkata, la moitie de la population francaise en train de grouiller!

UNe ballade dans les immenses parcs de la ville comparables a des patures...il est courant de rencontrer des troupeaux de chevres tout comme des joueurs de criquet! Nous avons flanes dans les ruelles du vieux quartier au Nord de la ville, paisibles et sereins. Un cafe dans cette ancienne usine desaffectee. lieu historiaue de la resistance contre l'occupant ou les plus grands revolutiononaires et independantistes se retrouveaient pour fomenter leur plans et se rebeller contre l'oppression. Ce lieu mythique est maintenant tenu par une cooperative de fabricants de cafe, et est bonde d'etudiants de L'universire du quartier!

La visite du temple Kali, une course contre la montre, un passant nous emplit les mains d'offrandes, nous n'avons pas le temps de dire ouf! voila que l'on entre dans ce delire chaotique juste au moment du sacrifice! une tete de chevre roule jusqu'a nos pieds...le pouvoir de Dieu sur la nature! puis notre pseudo guide nous emmene pres de l'autel ou nous devons jete une fleur a Kali en disant Namaste : la folie je vous jure la folie, une foule totalement hysterique, des gens de tous les horizons du cadre en costard carvatte au mendiant du coin de la rue se ruent devant la statue. Nous sommes totalement ecrabouille et perdu dans ce tourbillon d'ame encensees...la derniere etape, se purger avec l'eau sacree (verdatre) ...puis passage a la caisse, 3 roupies pour les fleurs, la noix de coco, et l'encens que nous avons deposer aux pieds de l'efigie du grand Dieu! du business a la religion, il n'y a qu'un pas...et qui plus est facile a franchir...rien de bien different chez nous seulement tout est suggere et ici ca saute aux yeux!

Les endroist typiaues ou se retroiuvent tous els touristes, le Vixctoria Memorial specialement a la reine...qui apparemment n'y a jamais mis les pieds...Pfou decidement ces anglais! un immemse palias de marbre blanc avec une galerie de peinture etonnante, une exposition tres riche et qui temoigne de la colonisation disons d'un point de vue plutot sujet a controverse...si vous voyez ce que je veux dire...

Matt a enfin repare ses chaussures, parce qu'en INde Mesdames, Monsieurs on fait recoudre ces chaussures au coin de la rue plutot que de les mettre a la poubelle des le premiers petits trous!

aller oust, nous allons manger un chowmin et nous promene dans le marche delirant de Sudder street...

mercredi, octobre 22 2008

Du soleil, des vacances et…des bobos

Namaskar!

Et oui, ne vous étonnez pas c’est bien moi ! L’Inde et ses retournements de situation, l’Inde et ses changements de programme, l’Inde le pays de l’improvisation en continu ! Vous ne vous attendiez pas a ce que je revienne si vite… pourtant je suis bien la, au campus de Gram Vikas ! Laisser moi vous donner quelques explications. A l’origine il était prévu qu’après notre semaine de vacances nous passions au minimum deux semaines dans les villages de Kalahandi pour achever notre travail sur la sécurité alimentaire. Cependant, notre séjour dans les villages a été écourte car le staff est en ce moment submergé par de nombreuses obligations : un meeting par ci, une formation par la, des bécanes qui tombent en rade… Pas assez de temps à nous consacrer et… après avoir testé 3 jours dans les villages seuls sans traducteur, je pense que nous avons bien fait d’abandonner ! La communication gestuelle a malheureusement ses limites ! Mais d’abord… commençons par le commencement… faisons marche arrière un instant. Me voici transporter à Bhubaneswar ce lundi 6 octobre. J’y aie retrouvé comme prévu Nayan ! Toujours le même, il n’a pas change ! nous avons cherche pendant une demie heure la maison de son ami chez qui nous logions en tournant en rond dans le labyrinthe que constituent les ruelles du quartier résidentiel en banlieue de la ville. A chaque intersection, il était convaincu que cette fois- ci il avait trouve la bonne rue, mais après quelques mètres… les prémisses d’une longue hésitation commencaient, il s’interroge « Am I right ? » Je hausse les épaules et éclate de rire !

Des le lendemain matin, nous entamons la longue série de transports en commun pour atteindre son petit village natal. Nous nous frayons un chemin dans les bus bondes et nous nous glissons dans les jeeps surpeuplées puis nous parvenons enfin jusqu’au petit hameau. Nayan habite une maison « confortable », une maison de classe moyenne avec eau, électricité et TV mais qui reste malgré tout une maison bien indienne : on y mange par terre et on prend sa douche sous le petit porche dehors! Des mon arrivée j’ai été invite a faire le tour du pâte de maison. Ca a été pour moi l’occasion de rencontrer les anciens camarades de classe, le vieux communiste du village pilier du parti depuis 45 ans, les voisines, les sœurs (les « Didis » comme il les appelle), les maîtres d’école, le coiffeur, les amis des parents et toute la clique…C’est incroyable comment le poids de la vie communautaire est ancrée dans les mentalités… tout le monde connaît tout le monde et il est totalement irrespectueux de croiser une connaissance sans entamer la discussion.

En fin d’après midi, en route pour une visite guidée des célébrations Puja dans les alentours. A trois sur la moto (Nayan, son pote et moi), le pèlerinage consista a faire escale de Mandavs en Mandavs. Les Mandavs sont des énormes chapiteaux installés dans chaque village et abritant des décors tous plus fous les uns que les autres. Surmontes d’un fronton aux couleurs vives et scintillantes, ces chapitraux abritent des statues dont la plupart représentent la déesse Durga. Les sculptures expressives, les décors fleuris, torsadés et romanesques chargent l’ensemble d’émotion et dégagent une tonalite typiquement indienne. Dans un des villages, j’ai pu assiste au rituel de la cérémonie dédiée a la déesse. Les tambours ont commencé à résonner, les cymbales ont entamé leurs danses frénétiques, les flûtes nasillardes se sont emballées et les prêtres ont entonné leur chant de leur voix montait à la gorge. Paillettes, peintures, or, soie, encens, fleurs, bougies, cymbales, lumière, guirlandes, noix de coco…un mélange éclectique, colore et assez kitch ! Je pense que le meilleur moyen d’imaginer l’ambiance qui règne durant ces festivités est d’imaginer ce que peut être un mélange entre kermesse, fête foraine et fête religieuse.

Notre dernière étape nous a mené au milieu d’un énorme champ de boue en pleine nuit. Ici, les villageois avaient vus grand et haut en couleur ! Une immense scène avait été installée pour que des pièces de théâtre y soient représentées. Des enfilades de vendeurs étaient agroupes un peu partout et essayaient de vendre a peu près n’importe quoi. Ces célébrations Puja sont véritablement l’occasion pour les villageois de se retrouver pour festoyer. Au milieu de la nuit, des centaines de personnes s’activent, communient et se réunissent autour de ce tohu-bohu insensé, délirant et chaotique. Ce mélange titanesque est assez déroutant, j’en ai pris plein les yeux et les oreilles !

Le lendemain, à nous sommes assis à l’ombre d’un arbre Bania (cet immense arbre parsemé de lianes et abris privilégié de nos amis les singes) et nous avons admiré les ruines de cet ancien temple qui trônent en hauteur sur le plateau. Ensuite, une longue série de kms sous un soleil de plomb, nous devons atteindre Bhubaneswar en moto. La capitale de l’Orissa est une de ces villes que je déteste, un trafic dense, un capharnaüm monstrueux, une vie hectique ! Nous nous dépêchons pour voir le fameux temple de la ville illuminé, puis nous mangeons une pizza et buvons un lassi…je suis lessivee !

Jeudi 9 octobre. Je rejoins ensuite mes deux lascars Matt et Agathe a Puri ! Une semaine de rêve dans cette petite station balnéaire de l’Orissa ! Puri est ce petit îlot ou l’on se sent en Inde sans vraiment y être. Ce qui m’a particulièrement frappé ce sont ses rues, leur calme et leur lenteur. Ici, comme nulle part ailleurs, véhicules, fumées et hystérie citadine n’harcèlent pas les passants, les touristes vagabonds et coureurs de chemins. Nous avons donc pu louer des vélos et nous balader sans problème dans la ville.

Notre challenge a été les 35 kms que nous avons parcouru pour aller jusqu'à Konarak …une idée de génie, la ballade fut superbe ! Avec Agathe nous avons épuisé tout le registre de la chanson française en s’égosillant sur nos vélos…Matt est désormais un inconditionnel de Brel et de Brassens ! Notre arrivée a Konarak aurait valu une belle photo : rouges comme des écrevisses, les fesses en compote (j’aimerais vous voir faire 35 kms avec des vélos ‘INDIENS’ !) et des tas de muscles en vrac ! Apres cet effort, voila que nos estomacs crient famines mais malins que nous sommes nous choisissons le pire des restos de toute la rue…on se contentera alors d’un jus de coco fraîche pour tenter de couronner ce repas « frugal » ! Puis une grande question existentielle sera résolue, je m’obstine a demander quelle est la différence entre une noix de coco verte et une noix de coco marron mais j’obtient au moins 6 réponses différentes ! (la véritable réponse a cette question est qu’il y a aucun diffrence, l’une est fraîche l’autre mure !). La visite du Sun Temple (merveilleux temple classé au patrimoine de l’Unesco) aura été périlleuse, Matt nous servant d’apprenti guide, notre fatigue se transformant en fous rires collectifs et nos jambes se faisant lourdes !

Non las de souffrir sur nos selles de béton, nous décidons d’organiser une nouvelle expédition pour le lendemain. Cette fois ci ce sera le village artisanal de Jhanugura ! Nous avons emprunté les petits chemins sinueux et improviser un itinéraire qui nous a finalement mené a bon port. La route était plaisante et ombragée et avec les paysages ruraux nous avons eu de quoi être charmer. Dans ce village tout le monde est artiste de génération en génération et tout le monde s’attelle à la tache ; gravures sur feuille de palme, poterie, sculptures….des gens bourrés de talent et qui vivent réellement leur métier avec passion. En tant que bons touristes nous craquons et succombons a notre tentation consumériste : nous repartons avec deux ou trois babioles !

Comme tous les soirs, Matt est le seul autorisé a aller acheter les bières (véritable hypocrisie sociétale, les femmes ne peuvent acheter de l’alcool en Inde…alors que dans les villages elles se saoulent au Mahula sans s’en cacher !). Nous demandons ensuite discrètement à notre copain le gérant de l’hôtel de les conserver au frais dans son frigo…et une fois les clients partis se coucher, nous pouvons alors les déguster paisiblement sous notre petit porche en paille ! Des débats politiques animes (si tu savais ma Cha j’ai tellement cracher sur la Golden team et j’ai tellement défendu José !), des jeux qui se terminent en bagarre générale, des grands questionnements tels qu’où va le monde ? nous tiennent jusqu’a très tôt le matin. Nous rentrons alors nous coucher dans notre dépotoir, notre chambre est un vrai bordel et d’une puanteur indescriptible (l’hôtel a quelques soucis concernant l’évacuation des sanitaires, vous voyez ce que je veux dire). Il n’en reste pas moins que ce petit hôtel est tout ce qu’il y a de plus sympa, la porte de la chambre donne directement sur la plage et son petit restaurant propose de nombreux plats succulents… des jus de fruits a gogo, des pancakes banane-chocolat, et pour couronner le tout Golden fish et Raita !!

Ce dimanche 12 octobre, Agathe nous quitte tandis que Matt et moi restons encore pour deux jours avant de rejoindre les villages. Nous faisons alors la connaissance de Lindsy une américaine et organisons un feu de camp sur la plage avec toute la clique des babos du coin. Nous faisons cuire le poisson a la broche et le dégustons tous ensemble. Une soirée bien sympatoche !

Notre grand amusement avec Matt a été de prétendre être tour a tour russe, thaïlandais et ougandais lorsque dix fois par jour les gens s’approchaient de nous pour nous demander « where do you come from ? ». On s’est inventé mille vies différentes, tantôt nous étions frères jumeaux, tantôt mari et femme, tantôt fermier dans le Texas ou marchands de cailloux dans le Gers !

Ce dimanche, en fin d’après midi, en tant qu’adeptes des champignons rissoles nous nous sommes risques a pénétrer la grande place du marche a vélo afin d’essayer d’en trouver de bien frais …Il m’est difficile de décrire l’effervescence de cette place. Y faire du vélo tient du défi, il faut se faufiler, esquiver, freiner, éviter, accélérer… D’un cote comme de l’autre se tiennent des rangées et des rangées de stands proposant bijoux, vêtements, légumes, fruits et babioles diverses… A n’importe quelle heure de la journée cette place est pleine de vie, ça grouille de monde, des prêtres enveloppes dans leur drap orange, des mendiants, des touristes indiens, des marchands de bric a brac… Nous nous arrêtons boire un fresh lime soda a un stand ambulant. Les verres sont déposés au niveau supérieur du chariot en bois sur un promontoire dédié à cet effet. Sur une vulgaire planche de bois, les citrons sont minutieusement ordonnes et les bouteilles de sucre de canne et d’eau gazeuses sont alignées … le petit marchand frappe, secoue et remue et en deux minutes voila que ce subtil mélange se transforme en une boisson fraîche et désaltérante ! la magie et l’art de la rue !

Enfin je ne pourrais vous décrire Puri sans vous parler de sa lumière, cette lumière surannée et irisée, une lumière intense et paralysante qui apaise, pacifie et repose. Des couchers de soleil comme je n’en ai jamais vu…

Mais toutes les bonnes choses ont une fin… en route maintenant pour les villages ! Nous l’avions pensé Matt et moi mais sans ose se le dire, nous avions pressenti que personne ne serait la ce mercredi 15 octobre 2008 a K.Singpur. Et oui après s’être tape une nuit de train, deux 2 heures de bus, nous arrivons au pied de l’office, le cadenas scellé, le vide complet autour de nous ! Voila une belle démonstration du sérieux du staff de GV sur le terrain! Ces gars sont des rigolos et avaient oublie notre arrivée !

Dure transition que fut celle-la : passer d’une ambiance sea, sex and sun a la morosité de l’office de K.Singpur, de repas délicieux de bord de mer a un dégoût compulsif pour la bouffe indienne, d’une forme d’athlète a un « je suis malade, complètement maladeeeeeee ! » ! Une fois encore, mon propos requiert quelques explications ! Et oui, je ne pouvais y échapper plus longtemps…il fallait bien que je test un jour la dure loi du tort boyau… c’est chose faite ! Je ne donnerai pas plus de détail sur cette nuit ou j’ai vomi sur les sacs et ce qui s’en suit …c’est très peu ragoûtant ! Je pensais aller mieux quand nous avons été lâché seuls dans la nature dans le village perdu de Lermuhin. Mais…les 7 kilomètres a pied qu’il a fallu faire pour atteindre ce village ont été le calvaire pour moi… une halte auprès de chaque ruisseau pour soulager mon ventre qui faisait des siennes ! et puis impossible d’avaler quoi que ce soit d’épicé.. alors diète pendant trois jours !… enfin mes problèmes intestinaux se sont transformes comme par magie en une angine et une rage de dent… Allongée sur ma natte je vous jure que j’ai rêvé bien des fois a mon lit et aux bras de maman !

Toutefois, en ce qui concerne les ennuis de santé, je crois que la situation dans ce village me conforte dans l’idée que je ne suis pas bien à plaindre ! Le jour ou nous sommes arrives, un officiel du gouvernement était la pour établir avec le village un nouveau plan gouvernemental nomme National Rural Health Mission. Ce programme prévoit l’assistance aux femmes enceinte en els encourageant a accoucher a l’hôpital. A la fin de la réunion, le type a déverse un sac empli de médicaments au milieu de l’assemblée : des flacons, des comprimes, des tablettes et tubes de crème recouverts d’une poussière noirâtre et pour la plupart déjà entames ! Voila a quoi se résume la politique gouvernementale en matière de santé : on distribue au compte goutte des médocs pérîmes en espérant que ça guérira quelques petits bobos ! Aucune prescription, aucune notices, aucune consultation… les villageois n’ayant aucune connaissance médicale je crains que l’automédication soit tout sauf efficace ! Pourtant ce village aurait bien besoin d’une attention particulière dans ce domaine, les maladies cutanées affectent de nombreux enfants et de façon sévère. Des petits bouts souffrent d’ulcères qui se déclarent sous la forme de boutons purulents sur le visage et sur le corps… parfois il m’était difficile de les regarder.

Le staff n’ayant que très peu de temps à nous consacrer nous avons été seuls dans les villages. Notre travail a été superficiel puisqu’il nous était impossible de communiquer. Nous avons tout de même pu organiser quelques meeting le soir et le matin quand Dav est venu a notre rescousse nous tenir compagnie quelques heures. Toutefois, nous avons tout de même apprécié passer du temps avec les villageois. Le simple fait d’être la et d’apprendre a regarder et a comprendre est déjà un exercice en soi.

Ce village est niche au creux d’une vallée au milieu de nulle part. La nature est partout, partout, partout. Tu te réveilles elle est autour de toi, tu manges elle est dans ton assiette, tu respires elle s’engouffre dans tes narines. Les champs respirent l’anarchie la plus totale, les cultures s’entremêlent et s’entrelacent, aucune limite, aucune frontière.

Les enfants font des dessins sur les murs des maisons, la naïveté est vie ici. Les rires des chérubins s’envolent au loin, le bruit de la hache saillante rythme le temps et les femmes assises dans l’entrebaillements des portes ont toujours ce sourire raffiné et juste à offrir. Au dessus de la balustrade en bambou j’aperçois petite fille qui pompe l’eau à la fontaine. Ces petits bras frêles cramponnent la barre de fer et la font danser de bas en haut. Un peu plus tard tout le monde s’attroupe autour d’elle : c’est l’heure de la collecte d’eau du soir. Un petit garçon vient de nous offrir deux poignées de Mokka (mais grillé) tout chand. Il les avait caché dans le creux de son châle. Les enfants ont cette habitude de faire de leur foulard leur petite réserve, leur grenier a gourmandise, leur caverne d’Alibaba.

Nous avons partage des moments de convivialité incroyables avec les villageois comme cette partie de carte a laquelle nous avons joué tous ensemble agroupes autour d’une lampe a huile. Les yeux des enfants pétillaient et grands comme petits étaient tous pris au jeu. Et cette ballade dans les champs ou nous avons été oblige de courir pour fuir une ruée d’abeilles ou ce combat de pierre contre le serpent…des bonnes parties de rigolades !



Un soir nous sommes allés rendre visite au village voisin. Munis de torche nous avons arpentés les sentiers de nuit, le ciel étoilé comme seule boussole pour nous guider. Arrives au village les enfants étaient assis en rond sur des petits tas de fagots et mangeaient autour de petits feux. Apres le repas ils se sont attroupes dans la maison de Bosco, l’instituteur improvise, pour une séance d’écriture. Nous ne pouvions entrevoir que leurs ombres et leurs visages a demi éclairés. L’école ici se fait dans la pénombre. Mais peu importe, il suffit de voir dans leurs yeux la fierté de pouvoir écrire sur leurs ardoises avec leurs craies pour comprendre que les petits ruisseaux font les grandes rivières !

Noe a range son arche

Salut la compagnie,




Le déluge s’est enfin calmé ici, Noé a range son arche, les ruisseaux ont retrouvé leurs lits et le soleil est de nouveau parmi nous ! Je pourrai même dire qu’après avoir été emprisonné pendant deux semaines voila que le fugitif nous sort son plus bel apparat. Merci a ses geôliers de l’avoir libéré !




Le moral est au beau fixe, le temps passe à vitesse grand V et l’ambiance au campus a quelque peu des airs de Club Med ! Jeudi dernier, nous avons célébré le fameux « Gandhi Day », jour anniversaire de la naissance du Mahatma. Nous avons voulu faire de ce jour un jour exceptionnel…et il fut a la hauteur de nos espérances ! Nous avons d’abord composé un anagramme franco-anglais totalement déjanté en l’hommage a notre grand maître puis une chanson assez ubuesque dont je tairait les paroles (eh mes nassalas, quel bon investissement nous avons fait en achetant ces flûtes enchantées a Mysore !) Prétendant ne pouvoir être égaler, Gobardan a tenter de nous prouver le contraire en écrivant a son tour un poème enflammé a l’image de son franc parler métaphorique.




Puis avec Matt, nous nous étions jurer de respecter les principes Gandhiens de paix, de gaieté et de simplicité en ce jour solennel. Revêtant le costume d’Amélie Poulain, notre but était de faire sourire Homjong la volontaire korenne taciturne, d’accueillir comme il se doit les trois gambiens nouvellement arrivés et d’offrir a Gobardan un cadeau a la hauteur de son talent de poète! Nous nous sommes alors mis a la tache : nous avons acheté des fruits a Homjong pour rendre sa vie acidulée et « Sweety », nous avons confectionné un chapeau en feuille de Neem a Gobardan et nous avons propose aux Gambiens une partie de carte afin de faire plus ample connaissance !




Nous avons découvert avec Agathe… ah oui parce que j’ai oublie de vous dire mais une nouvelle volontaire française est arrivée a Gram Vikas depuis une semaine…je disais donc nous avons découvert a Mohuda, le village situe a 4 kilomètres du campus, une petite échoppe ou nous pouvons déguster du tchai a volonté pour la modique somme de 1,5 roupie ! Un vrai bonheur ! Nous avons donc profité de ce jour chômé pour faire une petite ballade dans les environs, admirer les paysages vallones et apprécier l’extravagance de quelques rencontres inopportunes avec les habitants des hameaux voisins. Une femme nous a accoste sur le bord de la route pour nous avertir des éventuels clowns que l’on risquait de rencontrer après le virage (elle faisait bien sur référence au bar situe en contrebas de la colline ou les hommes se réunissent pour boire du Mahula !...Et elle n’avait pas tort, le spectacle a été …disons excentrique !) Puis deux grands-pères fumant leurs cigarettes assis sous un manguier se sont amuses a nous tenir la causette pendant près de 10 min… en Oriya …nous apprenons a parler « corporellement »… il parait que seulement 10% de la communication passe par la parole…nous voila donc sauves !




En fin de journée, direction Berhampur avec tous les volontaires ! Je me suis jetée à l’eau et j’ai risque ma chevelure chez un coiffeur indien en priant Dieu de ne pas en ressortir méconnaissable. Eh bien figurez-vous que j’ai réussi a dénicher un petit salon génialissime au coup de ciseau ma foi très professionnel ! Nos coiffeurs peuvent bien rougir, une coupe réussie pour un prix 20 fois inférieur a ce que nous laissons amèrement a nos stylistes du poil crânien !




Berhampur est synonyme pour nous de péripéties depuis quelques temps. Il nous en arrive de ces bonnes ! Vendredi le bus nous a laisse en plan ! Nous avons galere pour trouver un taxi qui daigne vouloir nous ramener jusqu'à Mohuda ! et qui plus est le montant de la facture a été …salé !! Hier, les rickshaws se sont amusés a nous faire tourner en rond pour faire monter les enchères… au bout du compte ils nous déposent au milieu de nulle part et nous demande une somme astronomique. Notre course folle dans Berhampur pour attraper le bus a temps restera mémorable !! Et puis il y a eu aussi de nombreuses tentatives de diversion pour tenter de faire pipi derrière les tas de briques a l’abris des regards inquisiteurs… mais échec total … mon coequipier a pourtant bien essayer de me tirer d’affaire ! Quand on est une femme en Inde, mieux vaut avoir des vessies extensibles !




Apres ces 10 jours de train-train et de routine dans un campus habité par les scorpions (oui vrai de vrai ! Elisabeth, la volontaire américaine, n’a pas trouve mieux que d’enfermer la méchante créature sous un verre et de la scruter « paranoiaquement » toute la nuit en guettant ses moindres faits et gestes !) et par des gens tous plus excentriques les uns que les autres (en témoigne le « Ragayana Man » qui ne peut pas faire 10 mètres sans utiliser sa voiture, laquelle d’ailleurs chantonne un air de carte postale d’anniversaire quand elle recule !}… après donc ces 10 jours de folies, d’écran d’ordinateur, d’échange de sagesses françaises contre des sagesses américaines…je décide de lever le camp ! Le compte a rebours va bientôt commencer, je pars lundi pour Bhubaneswar pour passer deux jours en compagnie de Nayan et je vais ensuite retrouve mes compagnons les volontaires a Puri. S’en suit une escapade dans le district de Kalahandi ou nous allons peaufiner notre travail avec les villages tribaux que nous avons du quitter a contrecoeur la fois dernière. Au total, je vais donc être évaporée pendant trois semaines dans la nature… peut être même un mois si les coordinateurs acceptent de rester avec nous une semaine supplémentaire dans les villages.




La semaine de vacances a venir s’annonce particulièrement fun. Ce sont les fêtes de Durga Puja célébrées en l’honneur de la Mother Goddess. Toutes les villes sont totalement illuminées ... c’est Noël en plus kitch, dans un style indien quoi! Des statues de la déesse aux dix bras sont déposées un peu partout, l’encens embaume les rues et la musique égaie les rues emplies de fidèles. Je m’attends a voir des belles parades, des défiles colores et des temples endiables (non ne voyez rien d’antinomique dans cette expression !!) … Et puis c’est les doigts de pied en éventail que nous allons profiter de Puri, de sa plage, de son allure de station balnéaire. Nous avons investis dans le frisbee et le hamac, … et nous comptons : boire des bières a gogo, faire des châteaux de sable, manger des tonnes fruits de mer et des pancakes, faire des courses de vélo dans les rues bondées, prendre un bain de minuit, assister au lever du soleil a Konarak, chanter du Jacques Brel et du Bob Dylan et s’aventurer dans les marches en se fondant pour un temps dans un costume de touriste a trois franc six sous, tong et lunettes de soleil obligatoires !




Je soupçonne Gobardan d’avoir essayer de m’empoisonner samedi ! Il m’a emmené en cachette a Tamana (si quelqu’un vous demande, j’étais bien sur en meeting avec le président du comite de village!), une bourgade prés de Mohuda pour déguster quelques snacks et visiter un temple dédié a Krishna… Bora, Samosas, petites pâtisseries locales appréciables mais je pense pas très fraîches ! Résultat : un estomac en vrac… mais une partie de fou rire avec l’énergumène !




Je ne peux terminer ce mail sans faire un petit aparté sur la situation économique de ces dernières semaines… je ne vois qu’une seule chose a dire… le capitalisme s’autodétruira …mais avuons-nous le …on le savait déjà…je ne vous apprends pas grand-chose !




Je pense a vous souvent meme si

je vis quelque chose d'inoubliable ici

... le plus dur dans les voyages ce n'est pas de partir mais de savoir revenir

samedi, septembre 27 2008

il pleut, il pleut bergeeeeerree

Bonjour tout le monde !




De retour a Gram Vikas plus tot que prevu… les innondations ravagent la region… cest pas folichon ! Apres les turbulences politico-religieuses c’est au tour des conditions meteorologiques de nous mettre des batons deans les roues! La situation est en effet alarmante en ce moment en Orissa, la pluie ne cesse de faire des siennes et de nombreux villages sont totalement innondes ! Je suis donc rentrée dimanche dernier de Kalahandi parce qu’il etait impossible de rester dans les villages et les voies de communications sont desormais impraticables.




C’est avec grand regret que nous sommes revenus a Berhampur… car nous avions commencer a faire reellement du bon boulot avec les villages tribaux! Je pense qu’apres ce que j’ai vu, vecu et compris je peux dire que je connais maintenant l’Inde, sa pauvrete, son denuement. Les villages avec lesquels nous avons travaille sont totalement isoles, depourvus de toutes infrastructures et confrontes a des conditions geographiques et agricoles plus que difficiles. Ainsi la majorite des familles de ces villages connait l’insecurite alimentaire, certaines ne mangent convenablement que trois mois dans l’annee. Il suffit de voir la maigreur des enfants, les stigmats de la malnutrition, les ventres ronds et les maladies de peau pour comprendre que le regime alimentaire de ces populations est quantitativement et qualitativement deficient. Ces villages sont situes dans les regions montagneuses de l’ouest de l’orissa…une merveille pour les yeux, un calvaire pour l’agriculture. Les terres sont peu fertiles, les cultures sur les pans des montagnes souffrent de l’erosion des sols et les rizieres sont infestees par des insectes ravageurs ! Par ailleurs, ces populations sont victimes du marche dont ils maitrisent mal les mecanismes, des proprietaires terriens qui les exploitent et d’un analphabétisme et d’une pénurie en terme scolarisation qui les confinent dans l’ignorance.




Les villages sont excentres des routes principales, nous avons donc fait beaucoup de deux roues (….je ne sais pas combien de fois j’ai cru que ma fin etait proche !!! Cest pas de la moto ici c’est du rally !), de randonnees pour aller d’un village a un autre. Nous avons grimpe les collines, crapahute dans la jungle, traverser des dizaines et des dizaines de ruisseaux (avec une chute memorable la premiere fois !)… indiana jones en orissa, que d’aventure comme le dit si bien Dab le coordinateur !




Niveau hygiene sanitiaire…hum hum je vous laisse imaginer !…deux douches en deux semaines…et encore si on peu appeler cela des douches. Peu importe, tout cela est compense par le plaisir d’aller tous les matins se rafraichir dans le ruisseau situe en contre bas du village, par la vue agreable du champ de mais comme lieu fetiche pour faire ses besoins. Dans le dernier village ou nous avons reside, les deux puits etaient defectueux, on a donc bu de l’eau…. disons trouble et jaunatre… mais robuste que nous sommes …meme pas une petite diarrhee !! Nos compagnons de route, les deux coordinateurs ont par contre eu tour a tour la malaria…




En ce qui concerne le logement, nous avons eu bien des occasions de rire. A Shindibata, les thermites pleuvaient du toit et nous jouons a colamaya pour nous retrouver dans le nuage de fumee qui envahissait la piece chaque fois que l’on faisait a manger. Mais la cerise sur le gateau a ete a Jamchaun quand nous nous sommes reveilles deux matin de suite dans une patogeoire, le toit de l’ecole etant …disons…aere ! Mercredi, la situation n’etait plus « vivable », Arto est donc venu a notre rescousse ! il a reussi a denicher un 4X4 pour nous recuperer ! Nous nous sommes reveilles totalement trempes gueunes ! La pluie avait deja recouvert tous les champs des environs, la route etait ensevelie sous l’eau, les riviere debordait de son lit et les champs de mais … etaient meconnaissable ! Aie aie aie emmitoufles dans nos couvertures, nous avons lache un soupir de soulagement en voyant le vehicule arrive !




… N’aller pas croire que je veuille dresser un tableau noir ! Ce que je retiens principalement de cette experinece c’est la convivialite de nos rencontres (souvent rendues joviales par la consommation outranciere de Mahula par les habitants, un alcool local tres tres fort !!...), la simplicite des rapports humains, la richesse de nos echanges… j’ai enormement appris sur la culture tribale, le quotidien des gens, les questions de sante, d’education, sur les programmes gouvernemetaux, la structure des marches ... Notre travail prend vraiment forme, nous avons recolte beaucoup beaucoup de donnees et nous avons plein d’envie et de motivation pour poursuivre dans cette voie !




Enfin, ces experiences dans les villages ne seraient pas aussi belles et enrichissantes si j’omettais de vous parler de la vie en communaute, de mes comperes avec lesquels j’ai partage mon quotidien ! La bande des quatre ! Je me suis faite surnommee « Clicli », clementine etant une torture a prononcer pour eux ! Je ne sais pas si je suis chanceuse ou si les indiens sont tout simplement adorables mais encore une fois j’ai pu nouer des rapports chaleureux, simples et conviviaux. Tous les matins, nous nous faisions reveille par un « Bongchou » (autrement dit ‘bonjour’ avec l’accent indien !) et par un petit air de musique indienne …insupportable et stridente… mais tellement indienne ! Des tonnes de fou rires avec Matt parce que les indiens ont toujours comme reponse a vos questions : « let see what happens », « data are always data » ! on s’est bien souvent arracher les cheveux pour obtenir des informations plausibles !… mais c’est le jeu ma pauvre Lucette ! (nest ce pas ma lolo)




Un regal pour les papilles, les villageois nous ont fait gouter plein de petites specialites tribales : Niger, Mandia, feuille de Tamarind, graines de Bira…. C’est sans oublier ces Guavas, fruit amer et granuleux que nous chachions deliberemment et discretement avec Matt pour eviter de les manger. Un spectacle pour les pupilles, les femmes tribales sont parees de somptueux bijoux artisanaux : des anneaux a l’extremite desquels sont suspendues de petites pierres rouges pendent a leur narines, des colliers en etain et en perles grossieres habillent leur cou denude, et des tatouages colorent leur peau marquee par le temps et a durete du labeur.




Quelques petites touches épicées, des péripéties ubuesques comme cette lettre d’amour qu’un inconnu m’a ecrite dans le train pendant que je dormais, vantant mes doux yeux bleux (sans doute etait t-il daltonien !) et me nommant dear darling faute de savoir comment je m’appellais ! Sans est suivi un réveil brutal par le policier grommelant des sons animaliers et me menaçant la matraque a la main : « Ticket Madam ! ». Les trains et les gares sont particulièrement propice a des rencontres toutes aussi déjantées les unes que les autres… nous avons decide de commencer la collection de cartes de visite, notre peau blanche est une marche prometteur sans doute !…Et combien de fois on nous a propose des cigarettes qui font briller els yeux…ok Matt a les cheveux longs et moi j’ai une « boy cut »…mais quand mm !




« Lost in translation », tel aurait pu s’intituler notre periple in Kalahandi ! Combien de quiproquos, de contresens, de traductions a l’envers (faut dire que le melange franco-hispano-anglo-oriya ne rend pas la tache aisee !) Des anecdotes croustillantes comme cette addition au restaurant qui nous etait en fait destinee, et ce petit dejeune ou nous avons eu droit a une double portion, la connection entre le serveur et nous ayant souffert de quelques interferences !



…tout cela pour vous dire que je peux maintenant chanter avec un superbe accent americain, cuisiner un Kiri hors pair, porte un Sari avec la plus grande classe du monde, oser ne pas me laver les cheveux pendant 6 jours d’affile…Je suis maintenant certaine que je suis addicto-dependante au tchai, que je peux resister a des doses extremes de piment dans mes plats, que le mais grille est succulent, que je suis une pro au Rami et au Speed (clin d’œil a mes nassals du voyage) …que la vie est belle, que chaque minute est unique …et que … les petits plaisirs de la vie ne sont pas grand choses… ou en tout cas a des kilometres de considerations televisuelles, consumeristes, et metaphisico vides de sens !!

vendredi, septembre 5 2008

15 jours dans les villages, 15 jours de bonheur et de decouverte

Bonjour tout le monde!

Apres une quinzaine de jours passes dans les villages me voila de retour au campus! Un sacre tas de linge sale m'attend et un un gros colis plein de surprise (merci mill fois maman rien ne pouvait me faire plus plaisir que des chocolats, de la confitures apres 15 jours de riz au dal! Mon aventure en solitaire dans les villages tribaux du district de Mayurbhanj au nord est de l'orissa a été plus qu'enrichissante. J’ai pu mettre en route mon projet, rencontrer de nombreux groupes de femmes et découvrir le ryhtme de la vie villageoise!

Champs Indiens

Pour atteindre ce district situe a 200 kms de Berhampur, jai du subir l'épreuve de la journée de train... mais attention pas n'importe quelle journée de train! La chauffeur etait... comment dire un mordu du klaxon! Je pense que l’avertisseur nasillard et strident devait être sa seule raison de vivre! Un vrai concerto! écouter de la musique avec mon MP3 : Impossible! Quant à l'idée de sortir son bouquin pour lire, c'était encore plus impensable. Jai donc pris mon mal en patience!

Les deux premiers jours je n’ai pas fait grand chose, et mm pour ainsi dire RIEN!"Take rest" a volonté, en veux-tu en voila! du coup je bouquine, je flanne, je cherche en vain tous les sujets de discussion possible que je peux entamer avec un anglais limité... bref le temps passe lentement ...et je trépigne d'impatience!

Mais tout vient a point a celui qui sait attendre! une fois le travail lancé, jai été bien occupée! La personne ressource qui m'accompagne est Namrata. C'est une jolie femme de 28 ans qui vient d'achever ses études et qui a été embauche a Gram Vikas. Jai decidement de la chance car mes collaborateurs sont tous plus adorables les uns que les autres. Elle est une véritable pierre précieuse pour moi, elle est ma traductrice et elle m'aide a comprendre toute l'imbrication des differents programmes et infrastructures.

Les discussions avec les femmes sont clownesques, elles parlent toutes en même temps, se chicanent, s'esclaffent. Je suis la bete de cirque, elle me regardent, m'épient, me posent des centaines de question : qu'est ce que vous manger la bas, comment sont les femmes, les hommes, quels bijoux portez-vous, pourquoi une telle coupe de cheveux ??? Comme par hasard , elles partagent toutes le rêve de venir en France, alors elle me propose avec leur jolie sourire : Dis, tu m'emmenes? elles s'obstinent a vouloir me parler en Oriya et elle sont mortes de rire quand j’essaie de dire quelques mots.. Les femmes sont tellement spontanées, sincères et chaleureuses. Elles m'offrent un thé au citron, des samblas (petits gateaux sucres), des regards doux, des milliers de sourire. Elles sont petites, des petits bouts de femme enveloppés dans leur saris aux mille couleurs, des petits bout de femmes pares de bijoux scintillants, des petits bouts de femme débordant d'énergie, de vitalité et d'amour.

Comme, elles travaillent dans les rizières toute le journée, je ne peux les rencontrer que tôt le matin ou dans la soirée lorsqu'elles reviennent. Leur mobilisation au sein des SElf-help group est louable, elles trouvent encore le temps de se regrouper et s'investir dans des activités diverses : tantôt elles cultivent le Sabai avec lequel elle fabriquent des nattes, tantôt elles participent a la construction ou a la maintenance des toilettes et des salles de bain, tantôt elles gèrent la cantine du midi a l'école... Lorsque je leur demande ce que leur investissement au sein de ces groupes leur a apporte, elle me répondent très fièrement : l'indépendance! elles possèdent maintenant les renes des finances, elles osent parler aux autorites et aller a la banque demander un prêt, elles ne demandent plus l'autorisation a leur mari pour sortir... ce sont ces petites choses qui constituent pour elles de GRANDES avancées, une libération en somme. Elles se sentent responsables et apportent beaucoup a la communauté, elles sont pleinement actrices de leur "developpement". Je pourrais encore ecrire des pages et des pages sur la richesse et la force de ces femmes, aussi je me reserve pour l'avenir et pour les rencontres a venir !!

Dans les villages, je loge dans les chateaux d'eau déjà investis par le staff de GV. Deux jeunes femmes sont les coordinatrices du district. Jai donc partager la chambre, la salle de bain, les repas avec mes 3 compagnes : Amina, Sumitra et Namrata. De cette facon , jai pu avoir un apercu du quotidien de la vie ménagère des femmes : le temps que demande la préparation des repas, le balai passé dix fois par jour pour faire deguerpir fourmis, bestioles en tout genre et graviers, et les courtes nuits a roupiller sur les nattes, l'humidite partout, tout le temps...

La fin de semaine a été un peu plus compliquée que prévu, et oui l’Orissa est en ce moment en proie a des perturbations religieuses. Pour vous résumer l’affaire, les hindous font la guerre aux chrétiennes, alors ca chauffe, les églises sont brûlees et les harangueurs de foules allument la braise. Qui a dit que les religions étaient source de paix ?? Par mesure de précaution, on m’a cloîtree dans l’Office de Baripada pendant 3 jours ! pas le droit de sortir, d’aller au cyber !... jai lu 2 livres en trois jours… autant vous dire que les journées étaient peu animées ! Mais heureusement Nayan était la pour me tenir compagnie. Nayan est le coordinateur du district de Mayurbhanj et un sacre bout en train ! il m’a bien fait rire pendant toute cette semaine. Nayan est aussi bordelique que moi, combien de fois nous avons cherché ses clefs et son portefeuille ! Je ne saurais compter les nombres de fous rire que nous avons eu en nous remémorant le « monika’s kiry » ou ma marche active sur le quai de la gare ! Nayan est egalement un grand bavard et un fin gourmet…on a donc eu tous les deux de grands débats philosophiques et on s’est mijoté de délicieux petits plats ! Nayan est un fin connaisseur de la littérature indienne, il m’a raconté des 10aines d’épopées mythologiques indiennes . Nous avons beaucoup partagé au sujet de nos différences culturelles, des rapports hommes-femmes, de la notion de famille… Nos vues sont parfois très differents, parfois très proches. Il m’a surnomme l’indo-indienne ! Un soir, il m’a emmène au marche nocturne de Baripada ! un carnaval d’odeurs et de lumières…des tonnes de fruits et de légumes soigneusement ordonnés sur les escales…on négocie, on marchande, on pèse, on bavarde avec le voisin…le marche est un lieu de vie et de rencontre au cœur de la vie indienne ! il nous est arrives plusieurs fois de nous retrouver dans le noir le plus total, les groupes électrogènes n’étant pas assez puissants pour approvisionner tous le marche… mais la vie continue…on négocie, on marchande, on pèse et on bavarde même sans lumière ! Cela ma également impressionné, dans les villages, les gens ont appris a vivre avec le noir, ils ont apprivoise la nuit...

Une fois les troubles politico-religieux apaises, je suis retournée dans les villages. Pour que personne ne voit que je suis blanche Nayan m’a déniché un casque tout pourri… je l’enfile et grimpe sur la moto… tout le monde me regarde… bien évidemment… personne ne porte de casque ici ! Merci Nayan pour la discrétion ! Jai reussi a le convaincre rapidement d’abandonner cette idee saugrenue !

Pour cette deuxieme semaine, j’ai passée 4 jours dans les villages en compagnie de Nayan toujours. Cette fois ci j’ai visite les villages tribaux, villages qui ont la particularité d’être situe en plein milieu de la foret, d’avoir des traditions profondément ancrées et … de n’avoir bien souvent ni eau ni électricité. Alors il faut s’organiser, aller chercher l’eau au puit et s’éclairer a la lanterne la nuit venue. J’ai vraiment adore le petit village de Bhangachatu ou je suis restée deux jours. J’ai été adoptée par une famille indienne qui m’a accueillie comme une reine. Puja, une petite fille de quatre a assurément été ma plus belle recontre, le matin j’avis a peine le temps de me réveiller qu’elle venait me chercher par la main pour m’emmener chez elle. Le dernier jour, j’ai pris le petit déjeuner avec la famille…ce fut un moment inoubliable.

Telle une araignee je tisse ma toile. Nayan m’a invite a passer les festivites de la semaine de Puja a Bhubaneswar. Pour l’occasion de grands festivals de rues sont organises, on sort les chars et les statues des divinités… apparemment c’est assez grandiose. Puis en décembre jai l’honneur d’être invite au mariage de la sœur de VIpin…cela s’annonce grandiose, un mariage hindou de trois jours dans le Rajhastan. Avec Matt (le volontaire américain) on prévoit de faire une halte par Benares et Puri…Je vais donc avoir l’occasion de bouger un peu … c’est cool

Me voila revenu au campus depuis une semaine ! petit a petit je fait plus ample connaissance avec le staff ! je me suis initiée au cours de yoga avec Gobardan et Manog…rdv tous les matins a 6h30 pour une heure de relaxation et de méditation ! Mes deux professeurs sont de sacres personnages…on papote pendant des heures et des heures. Ce qui est surprenant c’est que chacun a sa propre philosophie de vie et que chacun explique le monde a sa manière. Ils m’ont appris que notre corps n’est qu’un costume, une voiture que l’on conduit mais que c’est notre lumière qui est l’acteur et le conducteur…lumière intérieure qui est constamment en lien avec la lumière suprême…hum hum…vous voyez un peu le genre de casse-tete metaphysiques ! La vie au campus est de plus en plus animée, je me sens maintenant intégrée et je partage vraiment de bons moments avec ma « nouvelle » famille indienne !! On prévoit peut être de monter une pièce de théâtre ensemble…mais tout cela reste a l’état de projet … car en Inde tout n’est qu’hypothétique… il faut toujours s’attendre a ce que ce soit demain ou après demain ou jamais ! Impossible de respecter un emploi du temps.

Aucun problème de santé, aucun petit bobo, je croise les doigts pour que ca dure ! Seulement un petit désagrément d’ordre biologique…être une femme n’est décidément pas facile ! et oui ces malheureuses ragnagna mensuelles… autant vous dire que dans les villages sans toilettes appropries ca releve du calvaire…

Je repars très prochainement dans les villages pour une durée…indéterminée !! LOL Matt m’accompagne, il bosse aussi sur la problématique du genre, nous allons pouvoir croiser nos angles d’approche…et jouer aux cartes quand le temps se fera long !

Je vous laisse Pleins de bisous pour vous tous Je pense bien souvent a vous

Clem Bindi !

jeudi, août 14 2008

MATHERAN

matheran_1.jpg

Ici, it is Gram Vikas campus’s life!

Maintenant que j’ai a peu pris pris mes reperes ici, me voici dans la possibilite de vous faire une petite presentation (que je ne pretend pas exhaustive) de Gram Vikas. Mes journees sont ici ryhtmees par les coupures d’electricite, les tchai qui nous sont servis regulierement et les repas du mess! Plus serieusement, le temps passe tres vite et mes journees sont bien remplies! J’ai passé plusieurs matinee a gerer toutes les formalites administratives pour me faire enregistrer par les services de police (Je hais definitivement la paperasse!!!). Apres avoir rempli maintes et maintes formularies je suis enfin aller au poste de police ce matin! Et figurez-vous, ironie du sort, que je n,avais pas besoin de me faire enregistrer, mon visa n’etant valable que 6 mois! Et …oui… L’Inde et ses heures d’attente, l’Inde et toutes ses heures perdues! Enfin, cela m’aura valu l’occasion de visiter le poste de police, de me marrer a la vue de leur camion de CRS et de boire un lassi au passage par Berhampur. Pour revenir a al vie au campus, mes journees se deroulent de la facon suivante : je me leve a 8h15… enfin bien souvent il est plutot 7hoo car le bruit du balai de paille, les cris des animaux, la lumiere ou encore les coups de telephone impromptus de Jackdish font office de cocorico matinal. Ensuite je vais petit dejeuner au mess en compagnie des autres volontaires et du staff. Au menu : chapatti, noddles, beignet de semoule le tout accompagne d’une sauce au pois chiches et d’un tchai (le bonheur du matin… la petite touché sucree!!!). Ensuite, direction le IT, la sale informatique de l’office. Ici, on y bosse la redaction des projets, on rentre les donnees que nous avons ramenes du etrrain, on redige, on tape, on papote, on ecrit nos mails (en cachette!)… 1hoo sonne et c’est la pause du midi…du riz au dhal tous les jours sans exception (sauf Jeudi dernier car il y a eu une eclipse et que les supersticions indiennes nous ont sauve de ce supplice!)… une courte heure de détente et c’est reparti pour l’apres midi!

En ce moment, il faut avouer que je glandouille un peu! Ayant finin la redaction de mon projet d’etudes, j’attends avec impatience que l’on me donne la date de mon depart pour les villages! Ca ne dervrait tarder!Ma maitre de stage a semble emballe par mon etude de cas laquelle consiste a aller dans les villages rencontrer les femmes qui font parties des SHG (Self-Help Groups). Ce sont des associations de femmes qui ont pour but de promouvoir la participation des femmes dans les projets de developpement du village mais egalement de les intergrer dans la prise de decision lors des village committee. Par ailleurs, la plupart de ces groupes gerent les prets et l’epargne et sont en charge des micro-credit dedie aux activites de development ( construction, approvisionnement en eau, investissement dans energies renouvelables (pompes a eau, chauffe-eau, lampe solaire…)) organization des festivals…). Mon travail consiste donc a reperer les differents facteurs qui permettent a ces goupes de progresser, et de favoriser l’insertion des femmes dans la vie communautaire a tous les niveaux. J’ai choisi de rencontrer des SHG dans trois districts differents de l’Orissa. Au total je vais enqueter dans 18 villages differents. Je pense que ce projet va m’occuper un bon bout de temps sachant que certains villages sont en altitude et donc difficilement accessibles et que c’est la saison de spluies et que la majorite des villageois partent pour la journee travailler dans les champs. Je ne peourrais les rencontrer que le mation tres tot et le soir a partir de 17h. Ne vous inquieter pas j’ai fait ma reserve de bouquins pour m’occuper! Et puis… je compte bien apprendre a cuisiner le dhal, les parothas et les differentes sauces, apprendre a jouer a la marelle aux enfants ou encore prendre quelques cours d’oriya (dialecte de l’orissa)!

Les autres volontaires sont vraiment sympa. Malgre moi!!! Je passe beaucoup de temps avec les frenchies!!! Disons que la communication est plus facile et que le courant passé mieux! Mais ce serait mentir que de dire que je n’essaie pas d’entamer la discussion avec l’americaine ou Nemisha l’anglaise (qui reste la un an). Ce matin, Julien m’a initie a photoshop et a power point, demain c’est au tour de Blandine de me donner un cours d’excel. On s’entraide surtout pour la correction des rapports… merci mille fois Miriam!! Quant au staff de GV, ils sont toujours la en cas de besoin, surtout Donald l’homme a tout faire de la maison (et en prime le receptionniste officieux pour ceux qui ont deja teste!). Ils sont tres souriants et arrivent bien a faire semblant qu’on ne les derange jamais!

Nous allons regulierment a Berhampur le soir pour achetre ceux don’t nous avons besoin … ou plutot ceux qui nous donnent envie (ananas, noix de coco, specialties culinaires de l’orissa). Berhampur est nortre caverne d’alibaba! En cas de besoin, il suffit de demander a Donald l’adresse te le sesame s’ouvre! On y trouve toutes les commodities et ma foi, c’est bien pratique!

En revenant de Berhampur, nous dinons au mess puis chacun se separe pour aller retrouver sa petite chamber! La mienne se situe a environ 10 min de l’office, le trajet quotidien est a peu pres le seul exercice sportif de la journne ( si j’omets bien sur la lessive du soir, les combats contre les araignees repugnantes et l’effort intellectuel que me demande l’apprentissage de l’anglais “indien”!!!). L’espace ne manque pas ici, le campus est en pleine nature et s’etend sur plusieurs hectares (il y a parait-il une etable, un petit etang… que je n’est pas encore decouvert!) et j’ai trois lits pour moi toute seule dans ma chamber! Autant vous dire que le soir, la solitude pese! Mais je continue la redaction de mon carnet de bord, je lis beaucoup et je travaille un peu se qui occupe mon temps! S

Les vaches ne sont pas sauvages ici, elles se promenent dans les chemins et font parties du paysage!

Ici, it is Gram Vikas campus’s life!

Maintenant que j’ai a peu pris pris mes reperes ici, me voici dans la possibilite de vous faire une petite presentation (que je ne pretend pas exhaustive) de Gram Vikas. Mes journees sont ici ryhtmees par les coupures d’electricite, les tchai qui nous sont servis regulierement et les repas du mess! Plus serieusement, le temps passe tres vite et mes journees sont bien remplies! J’ai passé plusieurs matinee a gerer toutes les formalites administratives pour me faire enregistrer par les services de police (Je hais definitivement la paperasse!!!). Apres avoir rempli maintes et maintes formularies je suis enfin aller au poste de police ce matin! Et figurez-vous, ironie du sort, que je n,avais pas besoin de me faire enregistrer, mon visa n’etant valable que 6 mois! Et …oui… L’Inde et ses heures d’attente, l’Inde et toutes ses heures perdues! Enfin, cela m’aura valu l’occasion de visiter le poste de police, de me marrer a la vue de leur camion de CRS et de boire un lassi au passage par Berhampur. Pour revenir a al vie au campus, mes journees se deroulent de la facon suivante : je me leve a 8h15… enfin bien souvent il est plutot 7hoo car le bruit du balai de paille, les cris des animaux, la lumiere ou encore les coups de telephone impromptus de Jackdish font office de cocorico matinal. Ensuite je vais petit dejeuner au mess en compagnie des autres volontaires et du staff. Au menu : chapatti, noddles, beignet de semoule le tout accompagne d’une sauce au pois chiches et d’un tchai (le bonheur du matin… la petite touché sucree!!!). Ensuite, direction le IT, la sale informatique de l’office. Ici, on y bosse la redaction des projets, on rentre les donnees que nous avons ramenes du etrrain, on redige, on tape, on papote, on ecrit nos mails (en cachette!)… 1hoo sonne et c’est la pause du midi…du riz au dhal tous les jours sans exception (sauf Jeudi dernier car il y a eu une eclipse et que les supersticions indiennes nous ont sauve de ce supplice!)… une courte heure de détente et c’est reparti pour l’apres midi!

En ce moment, il faut avouer que je glandouille un peu! Ayant finin la redaction de mon projet d’etudes, j’attends avec impatience que l’on me donne la date de mon depart pour les villages! Ca ne dervrait tarder!Ma maitre de stage a semble emballe par mon etude de cas laquelle consiste a aller dans les villages rencontrer les femmes qui font parties des SHG (Self-Help Groups). Ce sont des associations de femmes qui ont pour but de promouvoir la participation des femmes dans les projets de developpement du village mais egalement de les intergrer dans la prise de decision lors des village committee. Par ailleurs, la plupart de ces groupes gerent les prets et l’epargne et sont en charge des micro-credit dedie aux activites de development ( construction, approvisionnement en eau, investissement dans energies renouvelables (pompes a eau, chauffe-eau, lampe solaire…)) organization des festivals…). Mon travail consiste donc a reperer les differents facteurs qui permettent a ces goupes de progresser, et de favoriser l’insertion des femmes dans la vie communautaire a tous les niveaux. J’ai choisi de rencontrer des SHG dans trois districts differents de l’Orissa. Au total je vais enqueter dans 18 villages differents. Je pense que ce projet va m’occuper un bon bout de temps sachant que certains villages sont en altitude et donc difficilement accessibles et que c’est la saison de spluies et que la majorite des villageois partent pour la journee travailler dans les champs. Je ne peourrais les rencontrer que le mation tres tot et le soir a partir de 17h. Ne vous inquieter pas j’ai fait ma reserve de bouquins pour m’occuper! Et puis… je compte bien apprendre a cuisiner le dhal, les parothas et les differentes sauces, apprendre a jouer a la marelle aux enfants ou encore prendre quelques cours d’oriya (dialecte de l’orissa)!

Les autres volontaires sont vraiment sympa. Malgre moi!!! Je passe beaucoup de temps avec les frenchies!!! Disons que la communication est plus facile et que le courant passé mieux! Mais ce serait mentir que de dire que je n’essaie pas d’entamer la discussion avec l’americaine ou Nemisha l’anglaise (qui reste la un an). Ce matin, Julien m’a initie a photoshop et a power point, demain c’est au tour de Blandine de me donner un cours d’excel. On s’entraide surtout pour la correction des rapports… merci mille fois Miriam!! Quant au staff de GV, ils sont toujours la en cas de besoin, surtout Donald l’homme a tout faire de la maison (et en prime le receptionniste officieux pour ceux qui ont deja teste!). Ils sont tres souriants et arrivent bien a faire semblant qu’on ne les derange jamais!

Nous allons regulierment a Berhampur le soir pour achetre ceux don’t nous avons besoin … ou plutot ceux qui nous donnent envie (ananas, noix de coco, specialties culinaires de l’orissa). Berhampur est nortre caverne d’alibaba! En cas de besoin, il suffit de demander a Donald l’adresse te le sesame s’ouvre! On y trouve toutes les commodities et ma foi, c’est bien pratique!

En revenant de Berhampur, nous dinons au mess puis chacun se separe pour aller retrouver sa petite chamber! La mienne se situe a environ 10 min de l’office, le trajet quotidien est a peu pres le seul exercice sportif de la journne ( si j’omets bien sur la lessive du soir, les combats contre les araignees repugnantes et l’effort intellectuel que me demande l’apprentissage de l’anglais “indien”!!!). L’espace ne manque pas ici, le campus est en pleine nature et s’etend sur plusieurs hectares (il y a parait-il une etable, un petit etang… que je n’est pas encore decouvert!) et j’ai trois lits pour moi toute seule dans ma chamber! Autant vous dire que le soir, la solitude pese! Mais je continue la redaction de mon carnet de bord, je lis beaucoup et je travaille un peu se qui occupe mon temps!

mardi, juillet 8 2008

Mumbai - Kolhapur -Goa

mumbai-kolhapur-goa.jpg

dimanche, juillet 6 2008

Premières nouvelles d'Inde

Bonjour tout le monde!



Me voici arrivée en chair et en os dans ce pays qui a des allures quelque peu féeriques. Tout d'abord, je me porte bien, aucun bobo, aucune éraflure seulement quelques courbatures et un peu de fatigue ! La chaleur, les moustiques, les militaires peu sympathiques et les files d'attente... tout cela me rappelle de très proches souvenirs!

mumbai.jpg

Nous avons déjà bien commencé notre immersion. Dès notre arrivée à Bombay, Mister Think, un super taximan nous a donné un cours d'hindi : namaste (bonjour), tan nebar ( merci)... Bombay est une ville agréable mais, comme toutes les villes, rapidement étouffantes ! A chaque coin de rue, on y voit quelque chose de déroutant, d'émouvant et de très atypiques.

Slum (bidonville)

La misère est bien réelle, les slums sont là, incrustés, immiscés dans la torpeur et l'effervescence citadine. Des briques par milliers jonchent les trottoirs. Le bruit insolent des klaxons se fait incessant ! Le colonialisme a laissé des traces : uniformes des jeunes écoliers, on roule a gauche et le parc est emprunt d'un exotisme qui ne nous est pas tant étranger que cela ( a l'exception des manguiers qui règnent en maître). Avec nos âmes sensibles, nous n'avons pu éviter quelques entourloupes et arnaques, un « tip » par ci un autre par la! Une maman à qui nous avons acheté du lait pour son bébé ... Les meilleures, je crois sont celles qui nous arrivent à cause de nos lacunes en anglais. Ainsi, nous avons pris le train jusqu'à Nerul au lieu de Neral et, résultat, la note de taxi pour retrouver Neral a été salée!!!



Hier nous sommes allés à Matheran, un petit coin de paradis en haut de la montagne ! La nature y est prolifique, les paysages verdoyants ! Tout est harmonieux et resplendit la sérénité. Au loin des collines pointues et arrondies se partagent la scène. Devant elles, les arbres se mêlent au son et à la danse des palmiers qui semblent donner le ton. Sur la plaine, des rizières et des portions de champs jouent au domino en s'emboîtant en quinconce. Nous rasons de très près les autres véhicules : rickshaw, moto, vélo et même les passants.

Rickshaw

Le plus amusant a été notre ligne droite en plein milieu du marché bondé de Neral ou notre montée en taxi sur la route sinueuse, glissante et étroite qui nous menait jusqu'à Matheran . J'ai eu la peur de ma vie compte tenu de l'état du taxi et la vitesse à laquelle il roulait!!! La pluie nous a rapidement rejoint dans notre périple et le véhicule branli branlan n'était bien-sûr pas équipé d'essuie- glaces !!! Je criais au chauffeur « slowly » mais...il rigolait bien dans sa moustache!



Coté culinaire, on se régale malgré l'impossibilité pour les indiens de faire des plats « without spicies » ! La pluie est torrentielle ici, des seaux d'eau à la minute! Mais on se motive à sortir notre nez dehors. Matheran nous a délivré ses joyaux. La vallée rutilante et éblouissante avec ses lacs et ses sillons trônait au milieu de la montagne saillante et recouverte d'un tapis vert aux différentes tonalité de couleur.

dimanche, juin 8 2008

Vous avez dit "Indes" ?

Depuis le 15 aout 1947, ce qui était communément appelé les "Indes" se sont réunies sous l'appelation "Inde". L'Inde mais laquelle ? De l'extrême Nord himalayen à l'extrême Sud du Cap Comorin, des plaines bengalies aux risières miroitantes jusqu'aux déserts de la frontière pakistanaise, quels sont les traits communs de la "plus grande démocratie du monde" ?

Ce n'est pas la langue, il y a 22 langues officielles en Inde sans compter les 1652 non constitutionnelles.
Ce n'est pas l'habillement, rien de commun entre les jupes du Rajhastan et les strictes robes tibétaines du Sikkim.
Ce n'est pas la couleur de la peau, ni les traits du visage : les Cachemiris ont la peau claire et les yeux verts, les peuples himalyens ont les traits asiatiques et les Tamouls sont noirs de peau.
Ce n'est surtout pas la religion : si les hindous sont largement majoritaires, ils n'ont pas le monopole de la parole divine. Musulmans, sikhs, parsis, jaïnistes chrétiens, bouddhistes partagent avec eux .
Ce n'est certes pas la nature : au Nord, fôrets de conifères, de rhododendrons et de magnolias ; au Sud, rizières et palmiers ; lagunes du Kerala ; plantations de thé d'Ooti.
Ce ne sont pas les odeurs : comment comparer le fumet de la bouse brulante, le parfum de l'encens, l'odeur sucré des tébureuses, celle des bûchers de morts, la senteur des épices, le bouillon du thé beurré, vaguement gras et salé avec une pointe de chaux ?
Ce ne sont pas les vaches sacrées, absentes dans certaines régions et aussi variées que les hommes : blanches, tachetées, grises, noires.
Ce ne sont pas les habitudes alimentaires chaque région se vantant de ses particularités culinaires : sucrerie à Bénarès, assortiments d'épices se mêlant aux gré des vents ; curcuma, girofle, piment, safran, vavoudan, gimgembre...
Ce n'est pas le climat : au Nord, il neige, au Sud jamais. La mousson est très irrégulière, elle innonde des régions et en laisse d'autres sèches.
... Ce ne sont pas les coutumes ni les sytèmes de parenté. On peut questionner hindous, sikhs, jaïns, femmes, musulman, tous ont au coeur l'Inde de leur propre rêve.

Alors qu'est ce qui fait l'unité de ce pays continent ? Est ce une vaine quète que de tenter de la trouver ?

... Au fils de mes périgrinations, je tâcherais de découvrir cette riche diversité, d'en retenir le sens et de la retranscrire par quelques bribes de récits...BON VOYAGE!

Essai photo carte

Carte de l'Orissa par rapport à l'Inde entière

Carte Inde Orissa

Carte Wikipedia (Libre de droit)

Non! paaaaas wikipédia!

Non! ça aurait été trop facile (bien que tentant je l'avoue!), trop long, trop "déjà vu", trop, trop...! J'ai donc résisté! Et oui je le clame haut et fort : CE blog ne sera pas un copier coller de wikipédia. Ne faîtes pas cette tête, je vous vois déja fuir, nooon restez!! Non pas que je dédaigne de vous instruire sur ce fabuleux pays qu'est l'Inde mais je ne veux pas voler la vedette à ce superbe site. Et puis comme je ne saurais me mesurer à lui je vous propose un bon compromis : voici les liens de pages web de wiki consacrées l'Inde "http://fr.wikipedia.org/wiki/Inde" et à l'Orissa "http://fr.wikipedia.org/wiki/Orissa" , région dans laquelle je vais effectuer mon stage.

Et pour les plus courageux, voici quelques bouquins sympatiques, bien documentés, faciles d'accès et qui balayent quelques grands thèmes sur l'Inde (religion, place des femmes, histoire, castes, politique...) :

- L'Inde des Indiens, catherine Clément, André Lewin

- Idées reçues, l'Inde, Pascale Haag, Blandine Ripert, Ed : cavalier bleu

- Le Géni de l'Inde, Guy Sorman, Ed : Bayart

... et plein plein d'autres