Bonjour tout le monde!

Apres une quinzaine de jours passes dans les villages me voila de retour au campus! Un sacre tas de linge sale m'attend et un un gros colis plein de surprise (merci mill fois maman rien ne pouvait me faire plus plaisir que des chocolats, de la confitures apres 15 jours de riz au dal! Mon aventure en solitaire dans les villages tribaux du district de Mayurbhanj au nord est de l'orissa a été plus qu'enrichissante. J’ai pu mettre en route mon projet, rencontrer de nombreux groupes de femmes et découvrir le ryhtme de la vie villageoise!

Champs Indiens

Pour atteindre ce district situe a 200 kms de Berhampur, jai du subir l'épreuve de la journée de train... mais attention pas n'importe quelle journée de train! La chauffeur etait... comment dire un mordu du klaxon! Je pense que l’avertisseur nasillard et strident devait être sa seule raison de vivre! Un vrai concerto! écouter de la musique avec mon MP3 : Impossible! Quant à l'idée de sortir son bouquin pour lire, c'était encore plus impensable. Jai donc pris mon mal en patience!

Les deux premiers jours je n’ai pas fait grand chose, et mm pour ainsi dire RIEN!"Take rest" a volonté, en veux-tu en voila! du coup je bouquine, je flanne, je cherche en vain tous les sujets de discussion possible que je peux entamer avec un anglais limité... bref le temps passe lentement ...et je trépigne d'impatience!

Mais tout vient a point a celui qui sait attendre! une fois le travail lancé, jai été bien occupée! La personne ressource qui m'accompagne est Namrata. C'est une jolie femme de 28 ans qui vient d'achever ses études et qui a été embauche a Gram Vikas. Jai decidement de la chance car mes collaborateurs sont tous plus adorables les uns que les autres. Elle est une véritable pierre précieuse pour moi, elle est ma traductrice et elle m'aide a comprendre toute l'imbrication des differents programmes et infrastructures.

Les discussions avec les femmes sont clownesques, elles parlent toutes en même temps, se chicanent, s'esclaffent. Je suis la bete de cirque, elle me regardent, m'épient, me posent des centaines de question : qu'est ce que vous manger la bas, comment sont les femmes, les hommes, quels bijoux portez-vous, pourquoi une telle coupe de cheveux ??? Comme par hasard , elles partagent toutes le rêve de venir en France, alors elle me propose avec leur jolie sourire : Dis, tu m'emmenes? elles s'obstinent a vouloir me parler en Oriya et elle sont mortes de rire quand j’essaie de dire quelques mots.. Les femmes sont tellement spontanées, sincères et chaleureuses. Elles m'offrent un thé au citron, des samblas (petits gateaux sucres), des regards doux, des milliers de sourire. Elles sont petites, des petits bouts de femme enveloppés dans leur saris aux mille couleurs, des petits bout de femmes pares de bijoux scintillants, des petits bouts de femme débordant d'énergie, de vitalité et d'amour.

Comme, elles travaillent dans les rizières toute le journée, je ne peux les rencontrer que tôt le matin ou dans la soirée lorsqu'elles reviennent. Leur mobilisation au sein des SElf-help group est louable, elles trouvent encore le temps de se regrouper et s'investir dans des activités diverses : tantôt elles cultivent le Sabai avec lequel elle fabriquent des nattes, tantôt elles participent a la construction ou a la maintenance des toilettes et des salles de bain, tantôt elles gèrent la cantine du midi a l'école... Lorsque je leur demande ce que leur investissement au sein de ces groupes leur a apporte, elle me répondent très fièrement : l'indépendance! elles possèdent maintenant les renes des finances, elles osent parler aux autorites et aller a la banque demander un prêt, elles ne demandent plus l'autorisation a leur mari pour sortir... ce sont ces petites choses qui constituent pour elles de GRANDES avancées, une libération en somme. Elles se sentent responsables et apportent beaucoup a la communauté, elles sont pleinement actrices de leur "developpement". Je pourrais encore ecrire des pages et des pages sur la richesse et la force de ces femmes, aussi je me reserve pour l'avenir et pour les rencontres a venir !!

Dans les villages, je loge dans les chateaux d'eau déjà investis par le staff de GV. Deux jeunes femmes sont les coordinatrices du district. Jai donc partager la chambre, la salle de bain, les repas avec mes 3 compagnes : Amina, Sumitra et Namrata. De cette facon , jai pu avoir un apercu du quotidien de la vie ménagère des femmes : le temps que demande la préparation des repas, le balai passé dix fois par jour pour faire deguerpir fourmis, bestioles en tout genre et graviers, et les courtes nuits a roupiller sur les nattes, l'humidite partout, tout le temps...

La fin de semaine a été un peu plus compliquée que prévu, et oui l’Orissa est en ce moment en proie a des perturbations religieuses. Pour vous résumer l’affaire, les hindous font la guerre aux chrétiennes, alors ca chauffe, les églises sont brûlees et les harangueurs de foules allument la braise. Qui a dit que les religions étaient source de paix ?? Par mesure de précaution, on m’a cloîtree dans l’Office de Baripada pendant 3 jours ! pas le droit de sortir, d’aller au cyber !... jai lu 2 livres en trois jours… autant vous dire que les journées étaient peu animées ! Mais heureusement Nayan était la pour me tenir compagnie. Nayan est le coordinateur du district de Mayurbhanj et un sacre bout en train ! il m’a bien fait rire pendant toute cette semaine. Nayan est aussi bordelique que moi, combien de fois nous avons cherché ses clefs et son portefeuille ! Je ne saurais compter les nombres de fous rire que nous avons eu en nous remémorant le « monika’s kiry » ou ma marche active sur le quai de la gare ! Nayan est egalement un grand bavard et un fin gourmet…on a donc eu tous les deux de grands débats philosophiques et on s’est mijoté de délicieux petits plats ! Nayan est un fin connaisseur de la littérature indienne, il m’a raconté des 10aines d’épopées mythologiques indiennes . Nous avons beaucoup partagé au sujet de nos différences culturelles, des rapports hommes-femmes, de la notion de famille… Nos vues sont parfois très differents, parfois très proches. Il m’a surnomme l’indo-indienne ! Un soir, il m’a emmène au marche nocturne de Baripada ! un carnaval d’odeurs et de lumières…des tonnes de fruits et de légumes soigneusement ordonnés sur les escales…on négocie, on marchande, on pèse, on bavarde avec le voisin…le marche est un lieu de vie et de rencontre au cœur de la vie indienne ! il nous est arrives plusieurs fois de nous retrouver dans le noir le plus total, les groupes électrogènes n’étant pas assez puissants pour approvisionner tous le marche… mais la vie continue…on négocie, on marchande, on pèse et on bavarde même sans lumière ! Cela ma également impressionné, dans les villages, les gens ont appris a vivre avec le noir, ils ont apprivoise la nuit...

Une fois les troubles politico-religieux apaises, je suis retournée dans les villages. Pour que personne ne voit que je suis blanche Nayan m’a déniché un casque tout pourri… je l’enfile et grimpe sur la moto… tout le monde me regarde… bien évidemment… personne ne porte de casque ici ! Merci Nayan pour la discrétion ! Jai reussi a le convaincre rapidement d’abandonner cette idee saugrenue !

Pour cette deuxieme semaine, j’ai passée 4 jours dans les villages en compagnie de Nayan toujours. Cette fois ci j’ai visite les villages tribaux, villages qui ont la particularité d’être situe en plein milieu de la foret, d’avoir des traditions profondément ancrées et … de n’avoir bien souvent ni eau ni électricité. Alors il faut s’organiser, aller chercher l’eau au puit et s’éclairer a la lanterne la nuit venue. J’ai vraiment adore le petit village de Bhangachatu ou je suis restée deux jours. J’ai été adoptée par une famille indienne qui m’a accueillie comme une reine. Puja, une petite fille de quatre a assurément été ma plus belle recontre, le matin j’avis a peine le temps de me réveiller qu’elle venait me chercher par la main pour m’emmener chez elle. Le dernier jour, j’ai pris le petit déjeuner avec la famille…ce fut un moment inoubliable.

Telle une araignee je tisse ma toile. Nayan m’a invite a passer les festivites de la semaine de Puja a Bhubaneswar. Pour l’occasion de grands festivals de rues sont organises, on sort les chars et les statues des divinités… apparemment c’est assez grandiose. Puis en décembre jai l’honneur d’être invite au mariage de la sœur de VIpin…cela s’annonce grandiose, un mariage hindou de trois jours dans le Rajhastan. Avec Matt (le volontaire américain) on prévoit de faire une halte par Benares et Puri…Je vais donc avoir l’occasion de bouger un peu … c’est cool

Me voila revenu au campus depuis une semaine ! petit a petit je fait plus ample connaissance avec le staff ! je me suis initiée au cours de yoga avec Gobardan et Manog…rdv tous les matins a 6h30 pour une heure de relaxation et de méditation ! Mes deux professeurs sont de sacres personnages…on papote pendant des heures et des heures. Ce qui est surprenant c’est que chacun a sa propre philosophie de vie et que chacun explique le monde a sa manière. Ils m’ont appris que notre corps n’est qu’un costume, une voiture que l’on conduit mais que c’est notre lumière qui est l’acteur et le conducteur…lumière intérieure qui est constamment en lien avec la lumière suprême…hum hum…vous voyez un peu le genre de casse-tete metaphysiques ! La vie au campus est de plus en plus animée, je me sens maintenant intégrée et je partage vraiment de bons moments avec ma « nouvelle » famille indienne !! On prévoit peut être de monter une pièce de théâtre ensemble…mais tout cela reste a l’état de projet … car en Inde tout n’est qu’hypothétique… il faut toujours s’attendre a ce que ce soit demain ou après demain ou jamais ! Impossible de respecter un emploi du temps.

Aucun problème de santé, aucun petit bobo, je croise les doigts pour que ca dure ! Seulement un petit désagrément d’ordre biologique…être une femme n’est décidément pas facile ! et oui ces malheureuses ragnagna mensuelles… autant vous dire que dans les villages sans toilettes appropries ca releve du calvaire…

Je repars très prochainement dans les villages pour une durée…indéterminée !! LOL Matt m’accompagne, il bosse aussi sur la problématique du genre, nous allons pouvoir croiser nos angles d’approche…et jouer aux cartes quand le temps se fera long !

Je vous laisse Pleins de bisous pour vous tous Je pense bien souvent a vous

Clem Bindi !