….La page est tournee.  

Comment vous parlez de cette Inde sans tomber dans le panneau de l’experinece culturelle qui transforme, metamorphose, libere ? Comment retranscrire neuf mois de vie ici sans coller au classique du « c’est impossible!». Pourtant les mots manquent, leur paleur est accablante et ma voix demeure muette. L’indicible des sensations, des sentiments qui se logent au fond de moi, creusent des sillons et laissent des traces indelebiles. Et oui, cher auditoire attentif, vous qui m’avez fidelement suivi sur cette route, je ne peux m’extirper de ce flot de banalites : L’Inde transcende.  

Je croyais sauver les souvenirs en les incrustant sur le papier et, comble d’y croire, j’ai perdu mon carnet de route. Alors plus que jamais je sais qu’il est vain de vouloir graver les souvenirs autre part qu’ au plus profond de soi. Je crois que s’il fallait resumer en un mot mon experience indienne je devrais choisir «HUMAINE » car l’inde a ete pour le pire comme le meilleur un parfait laboratoire a ciel ouvert des relations entre nous autres les etres humains.  

Je m’etais convaincue que le plus difficile serait de rentrer, je crois ne pas m’etre trompee. Parce que les jours du calendrier se sont consumes, je dois ecrire le point final. Quand a tourne la page…  

Je vais quitter le campus de Mohuda , la campagne orissane,  

Il n’y aura plus cette eau qui n’est pas potable Il n’y aura plus ce charabia d’oriya que je ne comprends toujours pas Il n’y aura plus les pauses clopes avec Anna Il n’y aura plus mon petit chauffeur Shankar Il n’ y aura plus le sourire de Kumari Il n’y aura plus mes voisines les vaches Il n’y aura plus ces couchers de soleil Il n’y aura plus chaque soir ce ciel etoile Il n’y aura plus les cocotiers Il n’y aura plus le trajet du bus quotidien jusqua Berhampur Il n’y aura plus les petits plats de Nana Il n’y aura plus les fou-rires avec Lena Il n’y aura plus les debats politiques avec Agathe Il n’y aura plus de Bindi entre mes deux yeux. Il n’y aura plus les regards qu’ils veulent tout dire de Matt Il n’y aura plus d’accroc sur mon nom Il n’y aura plus de pastèque a 0,30 cts d’euro le kilo Il n’y aura plus le ronronnement des ventilateurs Il n’y aura plus la folie de Gobardan Il n’y aura plus leurs sempiternels gourous Il n’y aura plus les délicieux Puri et Jelapi Il n’y aura plus la morosité de la salle informatique Il n’y aura plus le sourire de la comptable et mes factures de téléphones salées Il n’y a aura plus ces valises que l’on fait et l’on défait Il n’y aura plus GV écrit sur tout le mobilier Il n’y aura plus au loin les collines Il n’y aura plus le chant des fontaines a eau Il n’y aura plus le fermier muet Il n’y aura plus le tike tike Il n’y aura plus la trace de mes pieds nus sur le sol Il n’y aura plus la chambre numero 8 Il n’y aura plus les bieres de 75 ml Il n’y aura plus les « how was your day ? » Il n’y aura plus le balcon de Gloria Il n’y aura plus la horde de chiens sauvages Il n’y aura plus les lassis Du « Sahu drink center » Il n’y aura plus la rue des saris Il n’y aura plus les pauses tchai de 10h30 et 15h30 Il n’y aura plus Joyo mon prefere Il n’y aura plus cette organisation dejantee Il n’y aura plus ces dimanches matin « lessive » Il n’y aura plus mes collocs les araignees Il n’y aura plus les tours de moto avec Arun Il n’y aura plus les blagues de Jacob Il n’y aura plus les sentiers ombrages par les immenses manguiers  

Je quitte l’immense maison et la grande famille… …je laisse un bout de moi quelque part …je laisse un bout de vie ici  

Merci Gram Vikas  

…je rentre